La représentation graphique des données pour lutter contre les inégalités

Herwig Scherabon a renoncé à son métier d’architecte pour se lancer dans la représentation graphique et mettre sa connaissance des problématiques urbaines au service de l’information. Au travers de ses séries de graphiques, il exploite aujourd’hui les big data et la visualisation de données pour communiquer sur les inégalités qui sévissent dans nos métropoles.

Frustré par des missions professionnelles en profonde discordance avec son éthique personnelle, Herwig Scherabon a abandonné son métier d’architecte pour se consacrer à la communication visuelle. Son objectif : mettre en relief, via une visualisation détaillée de données, les inégalités caractéristiques des centres urbains – discrimination ethnique, inégalités de revenus, inégalités en matière de logement, etc. Pour lui, la principale difficulté liée à la visualisation des problématiques sociales dans les zones urbaines tient à leur multidimensionnalité, leurs différentes facettes et leurs interrelations complexes.

 

Visualiser les corrélations

 

Il dénonce par exemple le fait que la visualisation de données se fait bien trop souvent au détriment du contexte. Isoler la problématique de l’accès au logement de celle de la discrimination ethnique revient par exemple à nier leur interdépendance et à passer in fine à côté des deux. La solution qu’il propose consiste en une série de graphiques mettant en valeur les différents facteurs qui entrent en compte lorsque l’on traite d’une thématique précise, et leur imbrication.

 

Le fait de travailler avec des données brutes peut donner l’illusion de disposer d’informations factuelles ou tout du moins faciles à vérifier, mais pour Herwig Scherabon, c’est faire peu de cas de la manière dont les données sont présentées : « Nombreux sont les champions de la visualisation de données à estimer avoir sous les yeux la réalité. Pour moi, il n’en est rien : je pense qu’il reste au contraire des tas de zones grises et c’est là justement qu’intervient le code moral ! ». Tout conscient qu’il est que ses graphiques reflètent sa pensée politique (de gauche), il est convaincu que ce support de communication peut permettre aux personnes de tous bords politiques de prendre conscience qu’elles partagent finalement un certain nombre de valeurs en commun. Les commentaires laissés par les internautes suite à la récente publication d’un de ses graphiques dans un journal britannique conservateur tendent en effet à confirmer que c’est plus sur la forme que sur le fond que s’affrontent les observateurs.

 

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :

Le site d’Herwig Scherabon,

La visualisation de données, la partie visible de l’iceberg (en anglais),

2017, année de la culture des données.