Cédric Villani : «Se familiariser avec la culture algorithmique»

Privilégier la spécialisation en matière d’éducation. Le mathématicien le plus célèbre de France, Cédric Villani, conseille aux jeunes de se concentrer sur l’apprentissage d’une compétence pointue avant d’élargir leur champ au moyen de voyages. Le chercheur pointe également la place des robots au cœur des mutations en cours dans les métiers.

Médaille Fields 2010 (l’équivalent d’un prix Nobel de mathématiques), directeur de l’Institut Henri-Poincaré, Cédric Villani est une voix qui compte dans le milieu de l’enseignement supérieur et de la recherche française. Dans une interview récente accordée au site lemonde.fr, le mathématicien expose ses réflexions au sujet des mutations liées à l’avènement du numérique dans le monde et de leurs conséquences en matière d’éducation et de formation.

 

Algorithmes et intelligence artificielle : une rente pour l’avenir

 

Pour lui, les étudiants en mathématiques ont tout intérêt à se familiariser avec la culture algorithmique qui caractérise l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, il s’agit d’un objet de recherche passionnant, mystérieux même, si bien qu’acquérir des compétences dans ce domaine pourrait constituer une forme de rente pour l’avenir, poursuit le chercheur. Celui-ci note également que, pour l’heure, nous ne savons produire que des robots très spécialisés, d’où d’importantes perspectives de recherche pour la création d’un hypothétique robot « intelligent », promis par la science-fiction mais inexistant à ce jour.

Cependant, Cédric Villani reconnaît que le processus de destruction créatrice associé au développement des machines automatisées entraînera la disparition de certains métiers et participe déjà à l’exacerbation de certaines tensions. Mais, selon le mathématicien, ces changements doivent être abordés sereinement, avec l’esprit ouvert, en étant moteur de cette aventure. Il recommande ainsi aux jeunes de se concentrer sur les secteurs — intellectuels, artistiques ou de haute précision — qui font avant tout appel à l’imagination et à la créativité, que les robots ne sont pas prêts d’investir. Enfin, interrogé sur sa vision de l’école de demain, le chercheur estime que la relation humaine entre enseignant et apprenant demeurera centrale et invite à multiplier les initiatives de type Erasmus, afin de s’ouvrir à d’autres cultures.

 

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En complément :

Un article (en anglais) sur l’impact de l’apprentissage automatique dans le secteur de l’éducation,

et un autre à propos de la place de l’intelligence artificielle dans l’école.