Fraude aux assurances : les limites du bracelet connecté

Pour mesurer l’activité physique de leurs adhérents et leur proposer ainsi des tarifs dégressifs, les assurances offrent désormais des bracelets connectés. Cette pratique, dénoncée comme une violation de la vie privée, s’est vu raillée par un projet artistique présentant différentes façons de berner les capteurs des bracelets et donc les assureurs.

Aux États-Unis, les assurances commencent à proposer à leurs adhérents des tarifs préférentiels s’ils s’engagent à porter un bracelet connecté mesurant leur activité physique. Une pratique qui pourrait bien s’imposer outre-Atlantique, mais qui sont encore à l’état de projet en France. Les assurances, qui indexent leurs cotisations sur l’âge et la santé de leurs assurés, détiendraient, grâce aux données collectées via les capteurs présents sur ces bracelets, de précieuses informations quant à la forme physique de leurs affiliés. Dénoncé comme une forme de discrimination envers ceux qui ne pratiquent aucune activité physique et de manière générale une atteinte à la vie privée, ce procédé est à l’origine du projet satirique « Unfit Bits ».

 

Ingénierie excentrique

 

Deux artistes, Surya Mattu et Tega Brain, ont en effet imaginé des techniques « maison » pour leurrer le bracelet et faire croire à son assureur qu’on est en plein jogging alors qu’on se trouve en fait tranquillement installé derrière son écran. Plusieurs pistes sont explorées : le bracelet peut être fixé sur une perceuse, accroché à la roue d’un vélo, à un métronome, etc. De quoi simuler des exercices physiques variés ! Derrière le vernis satirique, l’ « ingénierie excentrique » a pour ambition de poser un regard critique et distancié sur les biais inhérents aux nouvelles technologies, ainsi que sur l’usage que la société en fait et qui contribue à exclure certaines catégories de la population.

 

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