Les banques organisent la riposte contre le crime financier

Les banques victimes d’un crime financier subissent une double peine : des pertes liées au crime et des sanctions imposées par les régulateurs. Pour contrer ce phénomène en progression constante, les établissements bancaires mettent en place des cellules de renseignement spécialisées. Un livre blanc publié par SAS et Longitude Research fait le point sur cette évolution majeure.

Des scandales récents, comme les « Panama Papers », l’affaire de corruption à la Fifa ou l’escroquerie de Bernard Madoff, ont incité les banques à renforcer leur protection contre le crime financier organisé. Car les conséquences peuvent se chiffrer en centaines de millions de dollars de pénalités, auxquels il faut ajouter les effets négatifs sur la réputation et sur l’image des victimes. Ces trois dernières années, 19 % des 120 établissements nord-américains et européens consultés par SAS et Longitude Research dans le cadre d’une enquête consacrée à la lutte contre le crime financier, ont subi des sanctions de la part des autorités de régulation. Une fois sur cinq, la note a même dépassé le milliard de dollars…

 

Les banques investissent massivement dans des unités de renseignement spécialisées

 

Le phénomène, qui ne connaît pas de frontières, est en progression constante en raison de l’explosion des communications numériques. Des réseaux de cybercriminels s’organisent pour commettre des fraudes, blanchir de l’argent sale ou financer le terrorisme. Pour lutter contre ces méfaits qui les mettent en danger, les banques investissent massivement dans la mise en place des cellules de renseignement contre les crimes financiers (financial crime intelligence units en anglais, FCUI). Déjà 82 % des établissements interrogés ont pris cette initiative ou sont sur le point de le faire, tandis que 98 % d’entre eux l’ont classé au rang de haute priorité. Le budget consacré à cette évolution technologique et organisationnelle majeure devrait d’ailleurs augmenter dans 70 % de ces banques dans les trois prochaines années, selon cette étude.

La plupart des établissements qui ont déployé un FCUI l’ont fait de manière progressive. Les principaux objectifs sont la réduction des risques de fraude (70 % des banques, surtout en Amérique du Nord) et de ceux liés à la régulation (56 %). Fondamentalement, quatre niveaux de contrôle existent en fonction de l’avancée du projet et des moyens mis en œuvre, de la simple réaction à une alerte extérieure, à une approche plus proactive de la détection du risque basée sur l’analytique avancé. Par exemple, recommande le rapport de SAS et Longitude Research, les banques devraient tenir compte de tous les indices permettant de minimiser les risques et d’améliorer les enquêtes, comme les tentatives d’authentification avortées, les comportements en ligne anormaux ou les données de géolocalisation.

 

Télécharger le livre blanc

 

En complément :

Un article à propos de la hausse de la cybercriminalité en France et dans le monde en 2016,

et un autre (en anglais) au sujet de la lutte contre la fraude avec l’analytique.