Comment l’IA influence l’économie mondiale

Le développement de l’apprentissage automatique devrait s’accompagner d’une chute des coûts de prédiction et d’une hausse de la valeur du jugement humain. C’est ce qu’annonce Ajay Agrawal, professeur de gestion à l’Université de Toronto et expert en économie de l’intelligence artificielle.

Les grandes compagnies de la Silicon Valley, comme Google ou Facebook, ne manquent pas une occasion de communiquer leurs « avancées » en matière d’intelligence artificielle (IA). Ainsi Mark Zuckerberg, patron du célèbre réseau social, a présenté début janvier l’assistant virtuel qu’il a lui-même conçu au cours de l’année précédente… Mais au-delà de ce qui s’apparente plus souvent à une mise en scène au service d’une marque qu’à de réels progrès pour tous, quel impact l’IA a-t-elle réellement sur le système économique ? Cette question est au cœur d’une réflexion menée par Ajay Agrawal, professeur en entrepreneuriat à l’Université de Toronto, avec deux de ses collègues de l’école de gestion Rotman (cf. compléments ci-dessous).

 

L’automatisation de la prédiction renforce la valeur de la décision humaine

 

Selon ces experts, en augmentant sensiblement la possibilité de reconnaître des tendances régulières dans des torrents de données, le développement des techniques d’IA comme l’apprentissage profond (deep learning) pourrait conduire à une redéfinition des contours de l’économie mondiale. À l’instar de l’Internet, qui est passé au milieu des années 1990 du statut de nouvelle technologie à celui de moteur de croissance (notamment grâce au commerce en ligne), l’IA pourrait suivre une ascension similaire.

Pour Ajay Agrawal, l’analytique avancée et l’apprentissage automatique pourront par exemple, grâce à leur potentiel prédictif, guider un médecin lorsqu’il devra décider d’un traitement. De même, ces technologies pourront être utilisées dans des dossiers judiciaires complexes, comme ceux de la cour européenne des droits de l’homme, pour retrouver des schémas analogues à d’autres affaires déjà traitées. Cette automatisation de la prédiction, de fait moins coûteuse, renforce paradoxalement le libre jugement de l’humain en lui donnant une valeur accrue. Car c’est bien lui qui, in fine, engage sa responsabilité en prenant une décision.

 

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :

L’article (en anglais) d’Ajay Agrawal, Joshua Gans et Avi Goldfarb au sujet des principes économiques de l’IA,

et un autre à propos de l’IA appliquée au domaine de la santé.