La blockchain continue de tisser sa toile

Le succès de la cryptomonnaie Bitcoin a suscité de la curiosité pour sa technologie sous-jacente, la blockchain. De nombreux acteurs économiques, notamment dans la finance, ont commencé de s’y intéresser de plus près, avant que le phénomène s’étende aux entreprises et finisse par toucher les administrations. Car les applications sont prometteuses.

Après la découverte, l’expérimentation. Si la technologie blockchain n’est pas encore entrée en phase d’industrialisation, comme le souligne Éric Lévy-Bencheton, conseiller en stratégie chez Keyrus, ses promesses séduisent de plus en plus les entreprises, au-delà des secteurs de la finance ou de l’assurance. Supprimer les intermédiaires, sécuriser les transactions, baisser les coûts, simplifier les processus, etc., les perspectives d’application et les opportunités ne manquent pas et intéressent aussi les administrations.

 

Des députés français s’intéressent à la blockchain

 

De nombreux projets pour tester la technologie sont donc en cours ou en gestation. À Lyon, par exemple, un partenariat entre la startup Stratumn et Bouygues Immobilier vise à déployer un réseau électrique intelligent soutenu par une chaîne de blocs, dans le nouveau quartier Confluence, afin de permettre l’autoconsommation d’énergie entre des immeubles équipés de panneaux solaires. Dans une tout autre optique, l’Estonie, en pointe sur cette technologie, a mis en place une plateforme utilisant une blockchain pour faciliter les démarches administratives des étrangers désireux d’investir dans le pays.

Depuis trois ans, près d’1,5 milliard de dollars ont été investis dans la technologie et quatre banques sur cinq ont l’intention de s’en servir d’ici 2017, selon le Forum économique mondial. Les enjeux sont colossaux, rendant primordiale la question de sa gouvernance. En France, la secrétaire d’État en charge du numérique et de l’innovation, Axelle Lemaire, a récemment souligné l’importance de ne pas la brider en mettant plutôt en œuvre des dispositions visant à encourager son développement qu’à le limiter. Voyant plus loin, le député de Haute-Savoie Lionel Tardy propose d’utiliser la blockchain pour la procuration électorale en ligne, tandis que sa collègue d’Eure-et-Loir Laure de la Raudière souhaiterait l’introduire dans le code civil pour certifier des actes jusqu’à présent dévolus aux notaires. Des propositions chocs qui pourraient réserver à la technologie blockchain une entrée fracassante dans le débat public en France et lui donner ses lettres de noblesse.

 

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En complément :

Une chronique de Xavier de la Porte au sujet de la blockchain,

et un article sur l’échange d’électricité grâce à la blockchain.