Un algorithme en quête de la cuisine la plus saine

Si le lien entre alimentation équilibrée et bonne santé est admis à l’échelle individuelle, qu’en est-il à un niveau plus global ? Pour le savoir, une équipe de chercheurs de l’Université de Sharif, en Iran, a épluché les recettes traditionnelles de différents pays avant de les relier à des indicateurs de santé par des techniques de data mining.

« Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es. » Cette célèbre maxime de Jean Brillat-Savarin fonde la démarche scientifique de l’équipe de Sina Sajadmanesh, de l’Université de technologie de Sharif. Car si nous avons une intuition assez claire des différences culinaires à travers le monde et de l’impact que l’alimentation traditionnelle peut avoir sur la santé, il existe finalement assez peu de données objectives venant étayer cette intuition. Les chercheurs iraniens ont donc visé à combler cette lacune grâce à des méthodes de data mining.

 

Des phénomènes sanitaires globaux mis en lumière par l’analytique

 

Ils ont tout d’abord collecté 150 000 recettes de 200 types de « cuisine », utilisant près de 3 000 ingrédients, à partir de données issues du site de recommandation culinaire Yummly. Les qualités nutritives de chaque recette ont ensuite été évaluées en fonction de la quantité de glucides, de protéines et de lipides qu’elles contiennent. Dans un second temps, les scientifiques ont récupéré diverses statistiques relatives aux nations, comme le pourcentage du PIB consacré aux dépenses de santé, la prévalence de l’obésité ou le taux net d’immigration. Pour finir, toutes ces informations ont été mixées afin d’établir des corrélations intéressantes.

L’observation de ces données montre que les pays peuplés de nombreux immigrés, comme les États-Unis ou l’Australie, présentent une plus grande diversité culinaire globale. En revanche, les plats dans les pays d’Asie du Sud-Est sont généralement plus complexes de par le nombre d’ingrédients qu’ils requièrent. En ce qui concerne les liens entre qualité nutritionnelle et santé des populations, les chercheurs ont relevé une corrélation évidente entre obésité et cuisines à dominante sucrée, tandis que les problèmes sanitaires sont moindres là où la cuisine est riche en protéines.

Si la représentativité des données culinaires fournies par l’application Yummly, principalement utilisée dans des pays développés, limite quelque peu la portée de cette recherche, celle-ci permet néanmoins de mettre en lumière des phénomènes sanitaires globaux par le biais des techniques analytiques.

 

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :

Un article (en anglais) à propos de l’apprentissage automatique et de la distribution alimentaire,

et un autre au sujet de l’agriculture à l’ère des big data.