La Banque de France ouvre ses données

C’est peu dire que la crise de 2008 a ébranlé le secteur financier. Pour éviter une nouvelle catastrophe, les institutions ouvrent peu à peu l’accès à leurs données afin de permettre aux chercheurs de comprendre les mécanismes qui régissent ce type de crise. La Banque de France a ainsi inauguré une « open data room » dédiée à ces questions.

C’est un petit pas pour la Banque de France, mais un grand pas pour la sécurité économique. En facilitant l’accès à ses données, l’institution entend bien contribuer à éviter une crise financière de l’envergure de celle que le monde a connue voilà bientôt dix ans. La banque fondée par Napoléon Bonaparte en 1800 a décidé de partager un trésor de 400 millions de lignes de statistiques dans une salle spécialement dédiée — l’« open data room ». Son gouverneur, François Villeroy de Galhau, espère ainsi que les chercheurs comprendront mieux les liens entre finance et économie, grâce à la création de nouveaux modèles mathématiques fondés sur l’étude des données microéconomiques mises à leur disposition.

L’évolution vers plus de transparence est sensible pour la Banque de France. Certes, l’open data room ne propose que 3 postes et limite l’accès à des projets jugés « sérieux ». Mais la procédure de demande d’autorisation est allégée, le service entièrement gratuit et les statisticiens de l’institution peuvent être sollicités par les chercheurs. D’autre part, ces derniers ont accès à des données brutes, anonymisées et non agrégées, sur les banques et organismes de placement, ainsi qu’à des informations détaillées sur le surendettement des ménages et la solvabilité des entreprises. Ce mouvement vers une ouverture des données s’observe au sein d’autres organismes financiers, tels le FMI ou la Banque d’Angleterre.

 

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En complément :

Un article au sujet d’une plateforme open data sur la pollution de l’air,

et un autre sur l’expérimentation de l’open data « par défaut » en France.