Le voilier autonome prend la mesure du réchauffement climatique

Equipés de capteurs scientifiques, les voiliers autonomes sans équipage à leur bord parcourent les mers du globe pour collecter des données océanographiques en temps réel. Rapides, économiques, pilotés à distance, ils remplacent avantageusement l’expédition humaine dans bien des domaines, à commencer par le suivi du changement climatique.

Pouvoir compter les goberges (ou lieus noirs) en pleine mer de Bering au large de l’Alaska et comprendre les habitudes alimentaires des phoques qui se nourrissent de ces poissons, tout cela à travers un écran installé dans un hangar à plus de 4000 km de là… c’est désormais possible grâce à Saildrone, une entreprise californienne qui a conçu et développé un voilier autonome. Ce petit trimaran pourvu d’une voile en fibre de carbone se commande à distance par satellite. Sans équipage à son bord, il est capable de collecter une multitude de données dans les conditions les plus extrêmes.

 

La mission écologique du voilier autonome

 

Avec en guise de voile une aile verticale semblable à celle d’un avion et un stabilisateur capable d’ajuster celle-ci bien plus vite qu’un marin, le voilier autonome est à la fois stable et rapide. Pourvu d’une multitude de capteurs permettant de collecter nombre de données océanographiques, il représente une alternative efficace et économique à l’expédition traditionnelle avec équipage. La preuve, il a déjà séduit le président exécutif de Google et sa femme qui ont investi 2,5 millions de dollars dans le projet. Un départ prometteur pour l’entreprise qui vient de recevoir un financement de 14 millions de dollars de la part de trois sociétés de capital-risque.

 

Il faut dire qu’entre les prévisions météorologiques et la prospection pétrolière ou de gaz, les applications potentielles ne manquent pas ! Mais, pour Richard Jenkins, le fondateur de Saildrone, la mission est avant tout écologique puisque seules des données scientifiques peuvent permettre d’appréhender avec précision les conséquences du réchauffement climatique. Une flotte de plusieurs milliers de voiliers autonomes dispersés à travers tous les océans du globe formerait, à son sens, un réseau de capteurs capables de fournir suffisamment d’informations pour disposer d’une vision précise des risques et des échéances. L’anticipation d’un phénomène comme « El Niño » aurait, par exemple, permis des économies de l’ordre de plusieurs centaines de millions de dollars.

 

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :

« Energy Observer » un bateau pour surveiller les océans,

L’innovation technologique au secours du réchauffement climatique.