Préparer la montée en puissance du prédictif

Prédire le futur n’est pas une mince affaire. On l’a vu avec les élections présidentielles américaines ou primaires françaises. Rares sont les observateurs comme Allan Lichtman dont les prédictions ont été avérées. Au-delà de la politique, il est intéressant de remarquer que les systèmes prédictifs sont voués à se multiplier sous l’effet d’une logique économique imparable.

 

Une étude de l’Université de Toronto donne quelques clés. Partant du principe que les révolutions technologiques reposent sur des activités dont la valeur économique ne cesse de diminuer (composants informatiques par exemple), les chercheurs expliquent qu’en matière d’intelligence artificielle, la baisse du coût de la prédiction va permettre, d’une part, d’intégrer la dimension prédictive dans de plus en plus de dispositifs décisionnels inédits, mais également de valoriser d’autres éléments qui participent à ce processus de prise de décision, au premier rang duquel figure l’intelligence humaine. S’il était inconcevable dans un passé proche de faire circuler un véhicule autonome dans les rues de nos villes du fait du grand nombre de paramètres à prendre en compte dans d’innombrables scénarios, la technologie permet aujourd’hui de se baser sur l’expérience humaine pour accélérer et industrialiser la prise de décision. Pour déterminer ce que doit faire la machine, il est nécessaire de comprendre « ce que ferait l’homme dans cette situation ».

 

A contre-courant des discours anxiogènes soulignant les risques inhérents aux nouvelles technologies, ces chercheurs expliquent que la valeur du jugement humain, sur lequel se basent les algorithmes d’apprentissage automatique, va prendre de plus en plus d’importance. Un peu comme Joël de Rosnay qui déclare « avoir moins peur de l’intelligence artificielle que de la bêtise naturelle » et met en valeur le concept « d’intelligence collective augmentée ». Cet « hyperhumanisme » pourrait contribuer à l’avènement d’une nouvelle espèce humaine, tirant parti de l’empathie, de l’altruisme, de la reconnaissance de la diversité, du partage et de l’amour… bien loin du modèle « élitiste et égoïste » prôné par le transhumanisme.

 

Point d’angélisme… les questions éthiques doivent bien sûr rester des sujets d’attention. Nul doute que nous vivons une époque passionnante.

Retrouvez l’intégralité de la newsletter