Entraîner un véhicule autonome à faire le meilleur choix en cas d’accident

Une expérimentation du MIT a pour ambition de trancher sur la conduite la plus « humaine » à adopter par la voiture autonome lorsqu’un accident est inéluctable. Les résultats de l’expérimentation pourraient aider les constructeurs à rendre les véhicules autonomes plus sûrs en amont, en les entrainant à prendre les moins mauvaises décisions.

On compte chaque année dans le monde environ 1,3 million de morts sur les routes. Un nombre appelé à diminuer avec le développement du marché des voitures autonomes. C’est du moins l’argument qui a séduit l’opinion, pour qui l’accident est désormais difficilement concevable. Pourtant, les systèmes les plus rodés n’étant pas infaillibles, un problème technique ne pourra jamais être totalement exclu.

 

Du décisionnel dans l’accidentel

 

Aussi, une équipe du MIT a mené dernièrement des tests, dans le cadre de son programme « Moral Machine » pour déterminer la conduite considérée la plus « humaine » à tenir par un véhicule autonome en cas de collision imminente. Si le contexte reste toujours identique – une voiture autonome incapable de freiner à un passage piéton – le nombre de passagers et de piétons varie quant à lui en fonction des situations, ainsi que leur genre, leur âge, leur profession, leur indice de masse corporelle, etc. L’idée est de décider en fonction de ces critères, si la voiture doit braquer, percuter un mur et sacrifier les passagers ou poursuivre sa route et écraser les piétons. Si en situation réelle, l’automobiliste n’a pas le temps de peser le pour et le contre de chacune des options, l’idée ici est de prendre le temps d’analyser toutes les possibilités, pour programmer la voiture à prendre la meilleure décision. Embarquant cette base de connaissances, le véhicule pourrait ainsi être « entraîné » à toujours faire le meilleur choix ou tout au moins éviter le pire.
Gill Pratt, à la tête du projet de voiture autonome de Toyota, rappelle que le fait d’accepter la responsabilité du véhicule autonome dans un nombre infime d’accidents de la route n’est que la contrepartie de l’avancée technologique que représente la voiture autonome, c’est-à-dire le prix à payer pour la réduction drastique du nombre d’accidents. Toutefois, à en juger par les commentaires des participants aux tests du MIT, ce n’est pas tant l’absence de fiabilité du véhicule autonome qui semble émouvoir que la dimension éthique d’un projet qui invite à se prononcer sur la valeur relative de vies humaines, en fonction de critères pour le moins arbitraires. Pourtant, comme les systèmes décisionnels contribuent à accélérer et à rendre plus justes les prises de décision, ce type d’expérimentations pourrait bien contribuer, malgré les apparences, à sauver des vies.

 

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