La routine, une arme pour protéger la santé des personnes âgées

Et si une bouilloire électrique pouvait sauver une vie ? Dans une maison connectée, les habitudes peuvent être passées par le prisme de l’analytique pour détecter des anomalies. Ainsi, les proches d’une personne âgée buvant le thé chaque jour à 17h pourraient être automatiquement prévenus si l’événement ne se produisait pas. Un plus pour la santé ?

« Comme d’habitude » chantait Claude François, sans se douter qu’un demi-siècle plus tard il inspirerait les concepteurs d’objets connectés… Pour prendre soin de ses aînés, le plus simple serait de demeurer à leur côté. Mais le monde a changé : la très grande majorité des enfants finissent par quitter le cocon familial et, par nécessité, construisent leur vie parfois très loin de leurs parents. Dès lors, la santé de ces derniers est confiée à des professionnels dont les visites, même quotidiennes, sont trop courtes pour les mettre à l’abri d’un accident aux conséquences dramatiques. Pour l’éviter, la technologie et les objets connectés présentent de sérieux atouts.

 

Détecter des anomalies dans les habitudes pour éviter un drame

 

Plusieurs startups britanniques ont récemment emprunté cette voie d’avenir. L’application « Howz », par exemple, propose de surveiller l’usage quotidien des appareils électriques d’une personne âgée (éclairage, bouilloire, etc.) et d’alerter ses enfants ou proches si un comportement inhabituel est observé, indiquant un possible problème de santé. Une autre, nommée « Canary », suit la même logique en s’appuyant sur des capteurs pour repérer si l’occupant d’une maison est tombé ou n’a pas allumé son chauffage alors qu’il gèle dehors.

Le fonctionnement de ces applications repose sur un principe bien connu de l’analytique, que l’on utilise par exemple pour dénicher des fraudes, à savoir la détection d’anomalies ou de comportement sortant de l’ordinaire dans des données compilant des habitudes. Combiné aux techniques d’apprentissage (machine learning), ce type d’analyse est devenu l’une des principales armes pour lutter contre la cybercriminalité.

En ce sens, le comportement routinier de l’être humain constitue une qualité certaine pour ce type d’outil destiné à le protéger. Cependant, bien que fondée sur une vision éloignée du gadget, l’intrusion de la technologie dans la sphère intime du soin pourrait représenter un frein à l’acceptabilité de ces objets connectés. Au final, comme souvent dans le monde technologique, c’est l’usage qui conditionnera le succès d’une telle approche.

 

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :

Un article au sujet du développement des objets connectés de santé,

et un autre à propos de Sowee, filiale d’EDF dédiée à la maison connectée.