Optimiser les coûts du champ à l’assiette grâce à l’ analytique

Les technologies numériques, en particulier l’ analytique et les big data, offrent de nouvelles opportunités pour l’agriculture et l’industrie agroalimentaire. Pas uniquement pour améliorer la gestion du « dernier kilomètre » — le marketing et les ventes —, mais pour optimiser les coûts sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, du champ jusqu’à l’assiette.

Si la révolution numérique a largement contribué à transformer la relation entre les marques et les consommateurs, son impact sur le secteur de l’agriculture et de l’alimentation a été quelque peu négligé. Pourtant, les opportunités sont nombreuses à chaque maillon de la chaîne de valeur qui mène du champ à l’assiette. Avec les big data et l’analytique avancée, les sociétés de l’agroalimentaire disposent d’un formidable potentiel, largement inexploité, notamment pour optimiser les coûts tant en amont — en anticipant les variations des coûts des matières premières, par exemple — qu’en aval — en réduisant le gaspillage alimentaire, dont le coût annuel est évalué à près de 1 000 milliards de dollars.

L’analytique au bénéfice des économies tant émergentes que matures

Dans le contexte des marchés émergents, les innovations sont légion, notamment pour améliorer l’efficacité. Ainsi, l’agriculture de précision, en mesurant et en analysant les besoins de chaque culture, permet de doper la production tout en minimisant l’impact environnemental. Elle repose sur deux piliers technologiques : les big data et la robotique. Capteurs et analytique avancée peuvent aussi être mis à contribution pour optimiser la maintenance des équipements, en augmentant leur fiabilité et en prévenant les pannes, ou pour améliorer la gestion du transport et des itinéraires. Enfin, l’assurance et le paiement électronique représentent des services où les solutions analytiques permettent de renforcer la résilience du modèle économique des agriculteurs des pays en développement.

Dans les économies plus matures, les outils numériques constituent des instruments de choix pour résoudre les défis systémiques. La sécurité alimentaire pourrait ainsi trouver un allié avec l’essor des scanners individuels, qui analysent un plat par spectroscopie avant de donner des informations sur sa composition au consommateur — un marché estimé à 1 milliard de dollars en 2020. Les professionnels de l’agroalimentaire, quant à eux, disposent avec l’analytique de nouvelles perspectives en matière de prévision du rendement et d’évaluation des risques, en ayant la possibilité de choisir les meilleures sources d’approvisionnement et de les adapter en fonction des variations météorologiques. Enfin, avec la traçabilité des aliments tout au long de la chaîne de production, que la numérisation permet de généraliser, la gestion de l’empreinte environnementale se concrétise — et se crédibilise — afin de renforcer la confiance des consommateurs.

 

 

 

 

« L’agriculture de précision, en mesurant et en analysant les besoins de chaque culture, permet de doper la production tout en minimisant l’impact environnemental »