L’agriculture 3.0 ou la promesse d’une production mieux maîtrisée

Système de vision artificielle, capteurs ultra-précis, technologies de machine learning… nombre  d’innovations devraient permettre aux exploitants de cultiver des produits plus sains et plus savoureux !  Annoncée comme la prochaine révolution technologique dans le secteur, la digitalisation des exploitations agricoles tient ses promesses…

Qu’il s’agisse des engrais, de l’irrigation ou des machines, les innovations réalisées dans le domaine agricole au siècle dernier ont contribué à répondre en grande partie aux besoins en nourriture d’une population mondiale en constante progression. Aujourd’hui, face aux constats climatiques et enjeux environnementaux, les méthodes agricoles doivent changer ; c’est au tour de l’agriculture 3.0 et de la ferme digitale de prendre le relais…

 

Agriculture 3.0 et ferme digitale

 

A l’instar de « The Climate Corporation », nombreuses sont les sociétés spécialisées dans les biotechnologies agricoles qui développent des hubs digitaux de données analytiques dédiés aux agriculteurs. Associant images satellites, prises de vues de drones ou de caméras, et données collectées via capteurs au sol et dans les machines agricoles, ces plateformes tirant parti d’algorithmes prédictifs permettent d’estimer précisément les besoins des exploitations en matière de semences, d’eau, de pesticides ou d’engrais. Autant d’informations qui devraient conduire les exploitants à confirmer leurs intuitions à l’aide des prédictions des algorithmes. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à avancer qu’à la faveur de l’automatisation des tâches agricoles, le métier d’exploitant devrait évoluer vers celui de data scientist…

Quant aux sceptiques, soucieux des méfaits potentiels de l’agriculture digitale sur l’environnement, on pourra leur opposer que le fait de disposer de données plus fiables n’entraînera pas nécessairement le renforcement des monocultures ; l’agriculture digitale pourrait au contraire avoir un impact positif sur la qualité et la diversification des cultures. Pour avoir adopté des techniques de machine learning comme les réseaux neuronaux en vue de détecter des plantes mal irriguées et des maladies, Daniel Koppel, fondateur de Prospera, soutient que l’agriculture digitale peut aussi être synonyme de produits plus frais et de respect de l’environnement, à travers un usage plus réfléchi de l’eau et des pesticides.

Reste qu’au-delà de l’optimisation des coûts de production pour les exploitants, l’agriculture digitale devrait permettre de relever le défi de nourrir la population mondiale en 2050 ; objectif qui, d’après les experts, revient à doubler les volumes de nourriture produits en 2009.

 

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :

Le quotidien d’une ferme expérimentale ultra-connectée,

L’agriculture 3.0 face au défi de nourrir la planète.