Qui monétisera les données de l’agriculture connectée ?

L’agriculture moderne génère d’importants volumes de données. De quoi appâter tous les acteurs du secteur. Les agriculteurs savent qu’ils sont à l’origine de ces données, bien précieuses, mais ils peinent à s’en assurer la propriété. Le manque de standards et d’accords rend difficile la valorisation et la monétisation de ces informations. Une définition transparente des règles est nécessaire.

Loin des idées reçues, l’agriculture est, et depuis longtemps, un secteur pionnier en matières de nouvelles technologies. Les agriculteurs ont en effet été parmi les premiers à utiliser des technologies comme, par exemple, le GPS. L’ « agriculture de précision » qui vise à l’optimisation des rendements et des investissements s’appuie aujourd’hui principalement sur le numérique. Cet usage du numérique a pour conséquence la production d’importants volumes de données à tous les stades de la culture, des semailles à la récolte, de la météo au dosage des engrais. Ces données sont riches d’opportunités pour les agriculteurs, et pas seulement pour eux…

 

La chaîne de valeur de l’agriculture numérique

 

Les données produites intéressent de nombreux acteurs – depuis les semenciers jusqu’aux pouvoirs publics, aux investisseurs et aux Biotech – qui voudraient bien pouvoir les exploiter afin d’optimiser leurs propres activités. Problème : les agriculteurs ne sont pas des spécialistes des données. Même s’ils ont numérisé très tôt leur activité, ils ignorent généralement quelle valeur accorder aux données qu’ils produisent. Pourtant, cette valeur est loin d’être négligeable : selon l’auteur de cet article, le marché des données agricoles serait estimé entre 20 et 25 milliards de dollars annuels !

 

Profitant du flou qui entoure leur propriété, de nombreux acteurs, comme Monsanto, utilisent d’ores et déjà ces données. L’auteur appelle à définir des standards et des règles claires sur la propriété et la protection des données produites par les agriculteurs. Ce travail de définition serait bénéfique pour tous : les agriculteurs pourraient recueillir les bonnes données et les monétiser ; les acteurs du marché disposeraient de données pertinentes et qualifiées, le tout dans la plus grande transparence. Reste à savoir si les acteurs concernés entendront son appel !

 

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :

Un article sur les big data dans l’agriculture,

et

un article sur pourquoi ce secteur s’y intéresse… enfin !