Quand les big data jouent les stars

Le secteur cinématographique a depuis toujours été un terrain de jeu des ingénieurs et inventeurs de génie. Désormais, algorithmiciens et analystes des données y font leur entrée, particulièrement dans le domaine de l’animation. Si Netflix a été un pionnier de l’analyse de la consommation des cinéphiles, les mégadonnées sont désormais à la base de la production de films. Présenté au Festival de Cannes, le film « Les Trolls » illustre cette évolution : 500 millions de fichiers digitaux, 250 milliards de pixels, soit en tout 200 Tb de données qui ont été exploités par DreamWorks pour élaborer son prochain blockbuster, dans l’objectif de « créer une expérience de visionnage exceptionnelle et un engagement du public plus important, qui feront que le film rapporte le plus d’argent possible ».

Objectif partagé sur une plus large échelle par les entreprises de tous secteurs qui voient dans l’analytique un moyen de créer de l’engagement. Mais si les consommateurs adoptent sans réserve les outils du numérique, ils sont conscients des risques de sécurité qui pèsent sur leurs données personnelles. Ils souhaitent que les entreprises mettent en œuvre des moyens suffisants pour les protéger.

Telle est la principale conclusion d’une étude de SAS sur la personnalisation et la confidentialité. Près de 40 % des personnes interrogées font part de leur méfiance quant à la protection des informations détenues par les entreprises. Et si la majorité des Européens estiment n’exercer aujourd’hui aucun contrôle, ils sont 65% à considérer que l’utilisation de leurs données par les entreprises sans leur autorisation constitue une violation de leur vie privée.

Malgré ces appréhensions, l’utilisation d’Internet – désormais mobile – ne cesse de prendre plus de place dans le quotidien des Européens. Et ils sont de plus en plus nombreux à accepter de livrer des données personnelles, à condition d’être informés et de recevoir en échange des services personnalisés. C’est ici qu’une législation dédiée prend tout son sens, puisqu’elle marquerait le clap de début d’une relation de confiance gagnant-gagnant.

 

Retrouvez l’intégralité de la newsletter