Emploi : comment concurrencer les robots ?

L’automatisation s’infiltre dans tous les secteurs de l’économie, conduisant les commentateurs à se poser la question du futur de l’emploi. L’omniprésence des machines intelligentes est une opportunité : elle permet à l’homme de se libérer des tâches répétitives pour se consacrer à l’organisation et à l’innovation. Zoom sur cinq stratégies gagnantes pour orienter sa carrière à l’ère de la révolution numérique.

Après la robotisation des lignes de production, la transformation numérique s’étend à toutes les sphères du marché du travail. Les progrès réalisés en apprentissage automatique et automatisation touchent à présent le secteur tertiaire. Quelle stratégie les salariés peuvent adopter pour se démarquer de cette concurrence ? C’est la question à laquelle s’intéressent les chercheurs américains Tom Davenport et Julia Kirby dans un récent ouvrage. Un nouveau marché de l’emploi, dominé par les big data, l’intelligence artificielle et les machines intelligentes, est en train d’émerger.

 

Des stratégies pour concurrencer les machines intelligentes

 

Pour rester compétitifs, les travailleurs doivent s’adapter. Dans « Only Humans Need Apply », Tom Davenport et Julia Kirby présentent une stratégie de survie basée sur l’ajustement des compétences. Le livre propose cinq tactiques pour concurrencer les machines intelligentes : le pas plus haut, le pas de côté, le pas dedans, le pas parallèle et le pas en avant. La première stratégie, celle du pas de côté, consiste à opter pour un métier exigeant des qualités humaines qui font défaut aux machines (la créativité, l’empathie). Autre approche, celle du pas parallèle : elle préconise de développer une spécialité de niche, qu’il serait difficile et peu rentable d’automatiser. Les auteurs citent les exemples d’un sommelier ou d’un guide touristique. Avec le « pas plus haut », le salarié prend de la hauteur : il coordonne le travail effectué par les ordinateurs, et définit la stratégie d’implémentation technologique dans l’entreprise. Le « pas dedans » est la stratégie des professionnels qui s’impliquent dans le travail réalisé par les machines. Ils apportent un regard humain pour identifier des erreurs non détectables par les robots ; par exemple, un comptable contrôlant une comptabilité automatique ou un acheteur d’espace publicitaire vérifiant la pertinence d’un emplacement. Le « pas en avant », enfin, consiste à travailler sur la prochaine génération de robotique et d’intelligence artificielle : les hommes sont indispensables pour comprendre les secteurs dans lesquels l’automatisation est utile !

Tom Davenport et Julia Kirby exposent une thèse moins négative que nombre de commentateurs. Ils soulignent que le remplacement des emplois à plein temps se produit très lentement dans la plupart des secteurs. Au lancement des automates bancaires, les États-Unis comptaient un demi-million d’agents de banque. Ce nombre est resté stable jusqu’à nos jours, car le personnel s’adapte et propose de nouveaux services. Selon Tom Davenport, la capacité à travailler avec les technologies sera la clé pour tirer son épingle du jeu. Si les robots ne sont pas là pour voler les emplois, il faut les prendre en compte pour orienter sa carrière. Comme l’explique Julia Kirby, c’est au travailleur de prendre son destin en main dans la révolution numérique, non aux employeurs ou à la société.

 

Au final, le message est positif : l’automatisation permet à l’économie de libérer le potentiel humain dans ce qu’il sait faire de mieux, innover et créer, tout en laissant aux robots et machines intelligentes les rôles d’exécution des tâches. Kirby prédit même l’émergence d’un système de services binaire, avec des services basiques assurés par des ordinateurs, tandis que les humains se verront confier les missions plus pointues. Elle cite l’exemple du journalisme sportif : les premières phases d’un tournoi pourraient faire l’objet de comptes-rendus automatiques, tandis qu’un journaliste couvrirait les dernières rencontres. Davenport et Kirby traitent de l’automatisation d’un point de vue pragmatique. Certes, des personnes vont perdre leur emploi car il deviendra moins coûteux pour un employeur d’avoir recours à une machine intelligente, mais il est possible de capitaliser sur la valeur ajoutée humaine.

 

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :

Un article sur l’automatisation de l’emploi en France

et une tribune sur les conséquences de la robotisation sur l’emploi.

 

À lire sur Business Analytics Info :

« Usines intelligentes : comment la technologie révolutionne l’emploi industriel »

et

« Après la production, les robots vont investir tous les métiers ».