L’Internet des objets apportera son lot de ruptures… Serez-vous prêt ?

Des estimations évaluent à plus de 50 milliards le nombre d’objets connectés d’ici à 2020. Chacun possèdera entre 6 et 10 objets connectés.  Mais que faut-il entendre par Internet des objets ? La définition de Wikipedia en vaut certainement une autre… L’internet des objets est « un réseau de réseaux qui permet, via des systèmes d’identification électronique normalisés et sans fil, d’identifier et de communiquer numériquement avec des objets physiques afin de pouvoir mesurer et échanger des données entre les mondes physiques et virtuels. » Une tribune d’Albert Derasse, Senior Business Solutions Manager Customer Intelligence, SAS.

 

De « Produit » à « Service ». Un changement de paradigme qui vous convient ?

 

Les chiffres nous le montrent : le secteur industriel fait figure d’ « early adopter » lorsqu’il s’agit  d’apprécier la valeur ajoutée des objets connectés.

Cette industrie, sous le vocable «  industrie 4.0 », a imaginé une nouvelle façon d’organiser les moyens de production. À travers le recours à l’Internet des objets, l’usine intelligente se caractérise par une communication continue et instantanée entre les différents outils et postes de travail intégrés dans les chaînes de production et d’approvisionnement.  L’objectif est la mise en place d’usines dites « intelligentes » capables d’une plus grande adaptabilité dans la production et d’une allocation plus efficace des ressources.

Mais surtout, cette industrie manufacturière []a été dans les premières à voir en l’Internet des objets une fantastique opportunité et possibilité de  surveiller à distance le fonctionnement de ses machines afin d’éviter ou de réduire les pannes en anticipant l’usure… Avec ce changement, le secteur a entamé une modification du modèle en proposant à ses clients un « Service et un Résultat » plutôt qu’une « Machine et un Moyen ».  Dans cet esprit on ne vend plus des compresseurs mais de l’air comprimé, on ne vend plus des foreuses mais des trous, …

 

Les objets connectés se parleront. Le feront-ils dans votre intérêt ?   

 

Quand on pense « objet connecté », on pense souvent au « triptyque » :

  • au capteur dans objet : qui collecte l’information
  • au système qui collecte et gère l’information reçue
  • au réseau qui connecte les deux.

Mais c’est oublier que dans un modèle M2M (Machine to Machine), les objets pourront communiquer entre eux et prendre des décisions pour vous (se) servir au mieux.  Mon thermostat aura reçu l’information que toutes les lumières de la maison sont éteintes et la température peut dès lors être adaptée. A l’inverse, il aura anticipé mon retour en recevant le message que ma porte de garage a été ouverte. Plus simple… ma machine à laver pourra reconnaître le QR code de ma chemise préférée et régler la température pour la préserver. Quels objets parleront ensemble et quelles marques à quelles marques ? Y avez-vous pensé ? Etes-vous prêts à les laisser entamer ce dialogue, car ils se parlent… et bientôt ils apprendront et s’adapteront.

 

Objet connecté, Big Data et modèle prédictif

 

Les objets connectés remontent de l’information qui peut être traitée et transformée en modèles prédictifs. En effet, ils peuvent en dire long aux fabricants sur l’utilisation de leurs produits et sur les résultats associés. On peut imaginer tout ce que cela peut apporter au niveau R&D. Mais ce n’est pas tout ! En coulisse, les algorithmes permettent et permettront de traiter cette information, de la comprendre et de l’exploiter au mieux en créant des modèles prédictifs qui optimiseront l’usage des produits et amélioreront les résultats associés à leur utilisation.

Imaginez-vous… Une aide à la conduite indiquant les meilleurs rapports de vitesse. Ce conseil est donné sur base de la remontée d’information de dizaine de milliers de véhicule qui enverront en temps réel le nombre de tours, le rapport de vitesse et la consommation liée.

Demain, vous ne laverez plus votre linge en déterminant vous-même la température de lavage mais la machine optimisera ce paramètre en fonction du linge que vous lui avez confié et en tenant compte de l’expérience de dizaine de milliers d’utilisateurs. Les objets se dotent d’une mémoire et d’une intelligence… et en plus ils redistribuent les cartes auprès des forces en présence.

 

L’internet des objets pourrait bousculer les modèles économiques liés à la distribution

 

Il y 20 ans,  les codes-barres ont servi les détaillants en leur permettant d’associer (par l’intermédiaire de la carte de fidélité) « article » et  « client ». Depuis, chacun connaît le pouvoir des données transactionnelles et l’utilisation qu’en font les détaillants. Et pour eux, il n’y a pas de raison que cela change…

Avec l’Internet des objets, les détaillants (qu’ils soient « Pure Players » ou « Bricks & Mortar ») ne veulent pas courir le risque de se faire court-circuiter. Imaginez-vous : votre imprimante connectée pourrait directement communiquer avec la marque pour organiser l’envoi de « cartouches d’encre  » sans passer par un intermédiaire, si ce n’est pour la livraison.

Encore une fois Amazon a considéré avant les autres cette menace ; en avril 2015 déjà, la société de Seattle a lancé son bouton « Dash », un lecteur de codes-barres connecté au réseau Wi-Fi de la maison et capable de scanner les produits ou encore d’enregistrer à la voix, grâce à la reconnaissance vocale, une liste de produits qui seront livrés par Amazon.

Aujourd’hui, Amazon dévoile son programme « Amazon Dash Replenishment » qui permet à un appareil connecté de passer directement une commande pour des consommables.  Plus besoin de bouton cette fois-ci, c’est la machine qui se charge automatiquement de passer une commande lorsqu’elle estime en avoir besoin. Cartouche d’imprimante et rame de papier, sel d’adoucisseur,… la liste des consommables est longue. En organisant la communication avec ces objets connectés, Amazon a su se rendre indispensable aux consommateurs et aux fabricants et conserver sa place dans la chaîne de valeur. Nul doute que les autres détaillants suivront s’ils veulent garder leur place.

Comme me le disait Harold Grondel de Productize, la première agence internet des objets connectés : « Un jour, les appareils ont eu une batterie et on a très vite perçu la valeur ajoutée que cela pouvait avoir dans nos vies. Demain, de plus en plus seront connectés et notre vie s’en verra aussi modifiée… »

 

Vous voulez aborder ces tournants en toute sérénité et exploiter au mieux le potentiel des données lié à cette évolution ? Téléchargez le livre blanc de SAS sur ce sujet.

Albert Derasse, Senior Business Solutions Manager Customer Intelligence, SAS.

 

En complément :

Le regard de Philippe Nieuwbourg sur l’Industrie 4.0,

et un livre blanc de SAS sur l’analyse de données issues des objets connectés.

 

A lire sur Business Analytics Info :

« Internet des Objets : derrière chaque projet, un monde de potentialités ! »

et

« Usines intelligentes : comment la technologie révolutionne l’emploi industriel ».