L’Internet des objets et la Blockchain aux sources de l’« économie programmable »

L’économie doit évoluer, pour accompagner la numérisation croissante de nos sociétés. Basés sur des décisions automatiques et algorithmiques, les systèmes économiques de demain, portés par des innovations comme Blockchain et l’Internet des Objets, permettront des échanges plus sûrs, transparents et rapides. Présentation de l’économie programmable.

Les systèmes économiques sur lesquels nous nous appuyons actuellement, imaginés il y a des centaines d’années, sont obsolètes, a expliqué David Furlonger, vice-président de Gartner, lors de la dernière conférence Symposium/ITxpo du cabinet de conseil américain. La raison : la plupart de nos activités économiques sont devenues plus rapides que les systèmes qui les mettent en œuvre. Le chercheur a donné l’exemple d’une facture qu’il avait réglée en ligne en se trompant de compte bancaire. Lorsqu’il a voulu corriger son erreur, non seulement la plate-forme de paiement ne l’y a pas autorisé, mais sa banque lui a proposé de résoudre le problème via un transfert sous deux jours, quand la plupart des virements de compte à compte s’effectuent instantanément. Les consommateurs souhaitent disposer de leur argent immédiatement et à tout moment, mais l’environnement actuel ne le permet pas. La preuve, pour l’expert, que le système actuel a besoin d’être réformé ; ce que la technologie est en passe d’accomplir !

Selon ce spécialiste, de multiples innovations vont contribuer à l’émergence d’une nouvelle économie, qu’il nomme « programmable ». La première d’entre elles : une « entité algorithmique pure », capable de prendre des décisions financières de manière autonome. D’ici 2022, 5 % des transactions économiques seront initiées par des robots autonomes, mus par des capteurs (Internet des Objets) ou des formules informatiques (algorithmes), et qui agiront au même titre que les personnes. Dans la même période, la plupart des actifs financiers seront des actifs « fantômes », c’est-à-dire des actifs dématérialisés et non monétaires. Dès 2025, ceux-ci seront en majorité programmables. Les actifs fantômes liés aux technologies pèsent aujourd’hui 75 billions de dollars, soit environ 25 % de l’ensemble des actifs de l’économie, tandis que leurs équivalents bancaires traditionnels sont en net déclin. L’écart pourrait se réduire très rapidement ! David Furlonger prédit que d’ici 10 ans, il sera possible de payer en utilisant les unités de valeur de programmes de fidélité ou via des systèmes de récompenses acquises sur les réseaux sociaux.

 

Émergence d’une nouvelle économie

 

L’économie programmable naît des freins technologiques actuels. Elle découle, notamment, des limitations de l’économie des interfaces de programmation (API), qui se heurtent au cloisonnement des systèmes. Grâce à la plate-forme globale d’Internet, il va devenir de plus en plus facile de fixer et d’échanger des valeurs. L’Internet des Objets (IoT) va jouer un rôle déterminant dans cette transition. Les objets, comme les assistants personnels ou les capteurs, prendront bientôt les décisions à notre place dans la chaîne d’approvisionnement. Ray Valdes, également vice-président chez Gartner, cite l’exemple des compagnies pétrolières. Actuellement, les exportateurs du secteur évaluent approximativement leurs volumes de production pour fixer leurs prix, mais bientôt, des capteurs placés dans les cuves pourront définir en temps réel, de manière précise et autonome, la valeur du stock.

 

Pour simplifier et sécuriser les échanges, la technologie Blockchain (ou « chaîne de blocs »), sur laquelle sont construites les monnaies virtuelles comme Bitcoin, devrait permettre des avancées décisives. Ce système décentralisé d’authentification et d’enregistrement des transactions règle efficacement les problèmes d’usurpation d’identité et de corruption. Pionnier dans le domaine, le gouvernement du Honduras travaille actuellement à baser son cadastre sur une Blockchain fiable et irrévocable afin de combattre la fraude aux titres fonciers. Via ce type d’innovations, l’économie programmable favorisera des mouvements plus transparents et directs. Blockchain et IoT en seront les piliers technologiques. Les DSI doivent s’y préparer !

 

Lire l’article (en anglais) : première partie  et deuxième partie.

 

En complément :

Un article sur l’impact de la Blockchain sur la finance,

et une tribune sur l’économie des API.

 

À lire sur Business Analytics Info :

« Comment la technologie transforme l’industrie des services financiers »

et

« Analytique, Internet des Objets et mobilité : les 3 piliers de la numérisation de l’économie »