Blockchain : au-delà des applications monétaires

L’année 2015 a été marquée par l’émergence de la technologie blockchain, pilier de la crypto-monnaie Bitcoin. La finance et l’assurance ont été les premiers secteurs à se pencher sur cet outil permettant de sécuriser les transactions et de rétablir la confiance des acteurs d’un système d’échange. Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises, dans de nombreux domaines de l’économie, font part de leur intérêt pour la blockchain, d’où le besoin d’en cerner les caractéristiques essentielles.

Ça bouge au pays de la blockchain. La perspective d’un marché se chiffrant en milliers de milliards de dollars autour de cette technologie naissante attise l’attrait des investisseurs et  du monde des affaires. Et cet engouement généralisé repose sur du concret. Car la monnaie électronique Bitcoin, créée en novembre 2008 et à l’origine de l’idée de la « chaîne de blocs », a prouvé par l’exemple tout l’intérêt, notamment en termes de sécurité des échanges, d’un registre dupliqué et partagé de pair à pair entre des utilisateurs et des validateurs, sans recourir à une autorité centrale.

 

A la recherche de la confiance

 

L’une des motivations du développement de la blockchain par son concepteur, Satoshi Nakamoto — un pseudonyme — était de garantir la transparence de mouvements financiers en les répertoriant dans un grand livre de comptes public, tout en protégeant l’accès en écriture à cette base de données ouverte. La solidité du protocole Bitcoin est fondée sur le mécanisme d’ajout d’un nouvel élément — un bloc — dans la chaîne des transactions : une forme de validation est opérée par une autorité décentralisée disposant de la puissance de calcul nécessaire au cryptage et à la sécurisation de l’information. À l’arrivée, la blockchain représente un outil d’audit sans équivalent, en même temps qu’un instrument permettant de sceller la confiance entre les acteurs du système.

Désormais, cette technologie infuse au sein d’entités variées, bien au-delà de sa vocation monétaire d’origine. Les banques, notamment, y voient l’opportunité de réduire leurs coûts de maintenance, au moment où nombre d’entre elles renouvellent leur système d’information, mais aussi le moyen de renforcer la lutte contre le blanchiment d’argent — une obligation légale. D’autres l’utilisent pour créer des « contrats intelligents », via un protocole facilitant les négociations entre partenaires, puis permettant de vérifier ou d’appliquer automatiquement les décisions prises.

Pour tous, les chaînes de blocs permettent de disposer à la fois d’une architecture résistante grâce à la distribution des données, d’une permanence du système avec des données immuables, et d’une unicité de ce système. Les acteurs privés sont aujourd’hui nombreux à expérimenter, pour leurs propres besoins, des prototypes qui intègrent des variantes de blockchain – dites « privées » – dont le grand livre des comptes est fermé, avec un dispositif de validation alternatif à celui de Bitcoin.

 

Lire l’article

 

En complément :

Un article sur les applications de la blockchain dans le secteur de l’assurance,

un autre sur une nouvelle application marketing de blockchain pour gérer les cartes de fidélité,

et un autre (en anglais) sur la potentielle résilience des banques permise par le déploiement de la blockchain.

 

À lire sur Business Analytics Info :

« Les big data, pour un usage sécurisé des bitcoins »

et

« Les banques s’inspirent de Bitcoin pour sécuriser les transactions ».