Les algorithmes, une source d’enseignement sur nos comportements

Que vous recherchiez une pharmacie de garde, une imprimante multifonction, une idée de sortie ou même l’âme sœur, vous recourrez très certainement aujourd’hui à un algorithme. Et les moteurs de recherche ne représentent encore que la partie immergée de l’iceberg tant ces suites de calculs se sont imposées dans notre quotidien ! Si beaucoup y voient un moyen de se simplifier l’existence, certains craignent au contraire pour leur autonomie. Dans son essai « A quoi rêvent les algorithmes », le sociologue Dominique Cardon ouvre une troisième voie.

Il y a algorithme et algorithme ! Derrière la classification proposée par Dominique Cardon, différentes façons d’orienter les calculs traduisent autant de représentations du monde, voire des intentions. Dans son ouvrage, le sociologue distingue en effet les médias traditionnels attentifs à la popularité et dont l’audience sert de mesure, des pionniers du web qui hiérarchisent l’autorité d’un contenu en fonction de sa centralité au sein du réseau. A ces deux systèmes capables de proposer un même classement pour tous, Dominique Cardon oppose notamment le web social, fondé sur la réputation et où chacun participe donc à son propre classement. Un modèle plus nuancé qui est pourtant loin de convaincre les sceptiques.

 

Premier sujet d’inquiétude : les calculs nourris par les traces comportementales. Parcours de navigation, habitudes de lecture, comportements d’achat… Potentiellement, tous nos gestes sont désormais enregistrés pour pouvoir nous proposer les résultats et les produits les plus pertinents au regard de nos habitudes. Et à ceux qui reprochent à ces classements leur permanence, les accusant de chercher à nous standardiser, Dominique Cardon répond que c’est précisément la triste régularité de nos comportements qui alimente ces algorithmes. Comment en somme se formaliser de ne se voir proposer que du foot quand dans la pratique, on ne regarde jamais que du foot ? Est-ce aux algorithmes de nous donner à voir autre chose ? Pour le sociologue, ils pourraient en effet assumer cette fonction pédagogique en exerçant un rôle réflexif. Pourquoi par exemple ne pas imaginer de présenter les mêmes résultats dans un contexte plus large pour faire prendre conscience du périmètre restreint dans lequel la plupart d’entre nous évoluons ? S’il ne s’agit pour l’heure que d’une idée, la piste est à creuser, notamment dans le domaine de l’information.

 

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