Smart city : la réponse des big data aux grands défis urbains

Rio, Paris, Barcelone, Vienne,… les « smart cities » ou villes intelligentes fleurissent et se multiplient. La transformation digitale de l’espace public et de notre société génère, elle aussi, des volumes importants d’informations, très utiles à l’optimisation des services urbains. Si la ville devient plus « smart », c’est donc grâce aux big data. Mais comment mettre en place une stratégie vertueuse dans ce domaine ?

En 2014, 54% de la population mondiale était constituée de citadins, en 2050, ils seront 66%, et il y déjà 28 mégalopoles de plus de 10 millions de citoyens. Les chiffres de l’urbanisation impressionnent ! Partout dans le monde, tant dans les pays émergents qu’anciennement urbanisés, la croissance des villes entraîne des challenges importants, notamment en termes de qualité de vie et de gestion des ressources. En parallèle, la diffusion des technologies de l’information et de la communication, ainsi que les nouveaux usages et outils numériques – comme les smartphones – ont ouvert aux villes et aux start-up des terrains d’innovation sans précédent pour l’optimisation des services et la participation des citoyens à la vie de la cité. Le concept de smart city est lui-même fondé sur l’idée que le numérique – et notamment l’exploitation des volumes massifs de données générés par la multiplication des services digitaux – peut permettre d’apporter des réponses intelligentes aux défis urbains de demain.

À quoi reconnaît-on les villes intelligentes ? Si Masdar, à Abou Dabi, ou le quartier de Songdo, en Corée du Sud, ont été créés de toutes pièces, les smart cities européennes naissent de la transformation des villes existantes, sur la base de grands projets. Dans une étude de 2014, le Parlement européen en recensait 240. Toutes s’appuient sur le numérique pour améliorer l’accès à l’information, la qualité de vie, la mobilité, la gestion de l’énergie ou encore le développement économique. En revanche, toutes n’appliquent pas les mêmes schémas. Deux visions cohabitent. À Rio de Janeiro, Malte ou Nice, la smart city, très technocentrée, est une « quantified city » ; elle utilise les données en temps réel pour optimiser son fonctionnement et veiller à sa sécurité. En parallèle, Vienne ou Paris mettent en place une version participative et collaborative de la ville intelligente, invitant les citoyens, via les outils numériques, à collaborer à la gestion de la cité et à ses projets. Deux visions loin d’être inconciliables.

 

Les données comme ressource de la ville intelligente


La création d’un système d’information urbain nécessite de collecter les volumes massifs de données produites en continu par de multiples acteurs (publics, privés, individus), de les modéliser et de les partager avec ceux qui les utilisent pour créer de la valeur ajoutée (entreprises, municipalité, citoyens). Pour collecter ces données via une plate-forme suffisamment puissante, et coordonner une stratégie big data respectant les règles de gouvernance et de protection de la vie privée qui s’imposent, la ville est un acteur tout indiqué. Par ailleurs, elle a tout à gagner de la création d’un mouvement d’open data encourageant ses différents partenaires à partager des données pour leur réutilisation par tous. La mutualisation des data permet de mieux comprendre le fonctionnement et les dysfonctionnements urbains, d’identifier des nouveaux besoins, ainsi que d’imaginer des solutions inédites. Parmi les questions que soulève la smart city, se pose celle de la maîtrise des données, absolue ou bien partagée avec les différents opérateurs de services extérieurs à la ville. Là aussi, une stratégie d’ouverture et de partenariats serait profitable à la ville, puisqu’elle encouragerait la concurrence entre acteurs privés, et donc l’innovation de toutes parts !

Pour remporter l’adhésion des usagers et devenir un succès, la stratégie data de la smart city doit intégrer trois principes. D’abord, la collecte des données doit être mise au service des citoyens et de leurs besoins : être participative, et non intrusive. Ensuite, la ville doit collaborer avec l’ensemble des acteurs (transports, eau, énergie…) recueillant des données, afin d’offrir des services efficaces. Enfin, la stratégie big data de la ville doit prendre en compte les différentes temporalités des projets. Une démarche de « data hall » peut se concentrer sur son développement économique et l’amélioration de la qualité de vie de ses habitants à moyen et long termes, pendant que les problématiques opérationnelles et immédiates s’appuient sur les acteurs technologiques concernés mais aussi, les citoyens. En matière de big data, les approches sont plurielles !

 

Lire l’article

 

En complément :

un article sur une application du concept dans le cadre de l’organisation d’un événement sportif

et un autre sur l’exemple de San Francisco.

 

À lire sur Business Analytics Info :

« Comment tirer profit des big data produits par les smart cities ? »

et

« Barcelone fait de l’Internet des objets une affaire publique »