Le paiement mobile, talon d’Achille de la lutte anti-blanchiment

Les proies les plus faciles sont les plus faibles ; une constante naturelle qui s’applique aussi au système financier. Selon John A. Cassara, ex-agent de la CIA devenu consultant pour le compte d’administrations et de multinationales, les risques liés à la généralisation du paiement mobile dans les pays dits en développement sont négligés par les autorités de contrôle. Une aubaine pour les candidats au blanchiment d’argent.

Dans nos contrées occidentales et économiquement développées, le boom du paiement mobile est plutôt vu d’un bon œil. Normal : intégrée dans nos smartphones, cette nouvelle technologie à portée de main promet entre autres de simplifier bon nombre des opérations financières de notre quotidien. Mais dans un pays comme le Kenya, où l’accès aux services bancaires est réservé à une élite, les applications mobiles représentent pour la majorité des habitants l’unique moyen de disposer de l’équivalent d’une carte de paiement. C’est ainsi plus d’un milliard de dollars qui circule chaque mois via le programme de paiement mobile M-Pesa, lancé en 2007 par Safaricom. Soit un poids phénoménal de 20 % du PIB annuel.

Le développement massif, en Afrique, en Asie ou en Amérique du Sud, de ces solutions mobiles au détriment des services financiers traditionnels inquiète toutefois John A. Cassara, ancien agent de la CIA et enquêteur au département du Trésor américain (l’équivalent de notre ministère de Finances). Pour lui, les lois anti-fraude et anti-blanchiment sont insuffisantes dans bon nombre des pays concernés, où de surcroît les autorités locales ne disposent d’aucun moyen pour surveiller les paiements mobiles et qu’aucun outil ne permet de les tracer en vue de réunir d’éventuels éléments à charge. L’expert rapporte ainsi que le programme M-Pesa a été le support d’activités criminelles en tous genres. Un risque dont les autorités financières des pays dits avancés ont conscience, reconnaît John A. Cassara, mais qui n’a été l’objet d’aucune mesure préventive. Un tort tant il est désormais acquis que la criminalité financière est mondialisée.

Lire l’article (en anglais)

En complément :

Un article (en anglais) au sujet du paiement mobile comme moyen de transfert d’argent pour la diaspora burundaise

et un autre (en anglais) sur le rôle des big data dans la lutte contre la fraude à col blanc.

À lire sur Business Analytics Info :

« Immobilier : les big data au secours de la lutte contre le blanchiment d’argent »

et « Anti-blanchiment : vers une approche basée sur les risques »