Prévision économique et modélisation prédictive : viser l’Excellence !

Des erreurs dans une simple feuille de calcul mises en évidence par un étudiant en économie remettent en cause la crédibilité des travaux de deux économistes réputés de Harvard, sur lesquels reposent la plupart des politiques de maîtrise budgétaire des états, notamment européens. Au-delà des questions purement politiques, cette affaire met en relief l’impérieuse nécessité d’actualiser en permanence des modèles analytiques dans un contexte économique évoluant en permanence.

La presse internationale s’est largement fait l’écho de la brillante découverte  de cet étudiant américain qui remettait en cause la pertinence du modèle sur la dette publique internationale élaboré par  d’éminents  économistes de Harvard. En effet, publié en avril 2013 « Does High Public Debt Consistently Stifle Economic Growth? A Critique of Reinhart and Rogoff », par Thomas Herndon, Michael Ash et Robert Pollin de l’Université du Massachusetts livre une critique sans concession des travaux de Carmen M. Reinhart et Kenneth S. Rogoff présentés dans l’article « La croissance à l’ère de la dette » publié en 2010.

L’information serait sans doute passée inaperçue si ce modèle n’avait pas été  au cœur des préoccupations et des décisions des principaux gouvernements des pays occidentaux résolument engagés dans des politiques d’austérité visant à réduire le poids de la dette publique sur leurs économies.

A l’origine de cette erreur, une simple formule excluant malencontreusement certains pays,  dans un  calcul effectué à l’aide d’un simple tableur.

Cette découverte pointe du doigt l’usage d’un tableur au service de mauvaises habitudes analytiques devenues de plus en plus courantes non seulement dans le monde académique mais aussi dans les entreprises et les administrations à travers le monde.

Il est très certainement impossible d’évaluer les impacts économiques et sociaux de ce type d’erreur, mais certains n’hésitent pas  à affirmer qu’un grand nombre de décisions reposent sur des formules erronées imbriquées dans d’innombrables feuilles de calcul liées entre elles. Ces risques sont tels qu’ils se cristallisent aujourd’hui au sein d’une association  visant à l’amélioration de ces pratiques  et recensant les risques associés à un usage inapproprié des tableurs dans une sorte de musée virtuel des horreurs erreurs.

Si cet exemple ne remet certes pas en cause la nécessité d’utiliser des modèles analytiques  pour factualiser les prises de décision dans l’entreprise, il invite surtout à utiliser les bonnes démarches analytiques et en particulier à gérer le cycle de vie des modèles dont la pertinence doit être évaluée en continu à l’aide de solutions appropriées.

Lire l’article en anglais ou en français.

En complément : les implications de ces erreurs décryptées par Les Echos et un article (en anglais) sur les limites d’Excel.

A lire sur Business-Analytics.info : « Le fisc américain se sert des Big Data pour améliorer ses contrôles » et « Les décideurs de demain devront réfléchir en Big Data ».