Quand l’IA devient vecteur d’intégration

Au-delà des opportunités et promesses de disruption et de création d’emploi, l’intelligence artificielle menace également de creuser les inégalités, dans le contexte de transformation des métiers. Pour ne laisser personne sur le banc de touche et faire de cette technologie un vecteur d’intégration, pouvoirs publics, entreprises et collaborateurs ont chacun à leur manière un rôle à jouer.

Si l’intelligence artificielle devrait générer des emplois sur le long terme (plus de 2 millions dans le monde d’ici 2020 selon Gartner), certains métiers sont voués à disparaître du fait de l’automatisation. Face à l’ampleur du phénomène, charge aux pouvoirs publics d’orchestrer la transition en donnant le rythme. Par exemple, en ralentissant l’adoption des technologies dans certains secteurs, on pourrait laisser le temps aux collaborateurs de se former à de nouveaux métiers. Une transition tout en douceur qui éviterait des vagues de licenciements. Pour encourager ce type d’initiatives, des avantages fiscaux pourraient être accordés aux entreprises qui financent la formation ou la reconversion de leurs collaborateurs.

 

La formation, pierre angulaire de la transition

 

Dans ce contexte, les entreprises qui auront été les premières à placer la formation continue au centre de leur stratégie devraient s’en sortir mieux que les autres. Leurs collaborateurs devraient s’adapter plus rapidement à l’évolution de leur métier et du marché en acquérant de manière réactive les nouvelles compétences requises. Pourtant, rares sont pour l’heure celles ayant déjà engagé des démarches dans ce sens. D’après une récente étude menée par Genpact et Fortune auprès de 300 cadres supérieurs, interrogés sur leur stratégie en matière d’IA, 38 % seulement déclarent en effet avoir investi dans des programmes de reconversion.

 

C’est que chez les salariés non plus, l’urgence n’est pas de mise… Malgré les prévisions des experts quant au progrès rapide de l’automatisation et son impact sur l’emploi, la grande majorité des actifs se montrent confiants s’agissant de leur propre situation. Seuls 10 % d’entre eux estiment en effet leur propre poste menacé aujourd’hui, alors que près de 60 % se déclarent inquiets pour leurs enfants et les générations suivantes. Des statistiques alarmantes en ce qu’elles traduisent de la part des actifs une absence de préparation au monde du travail tel qu’il se dessine  à moyen terme.

 

 

Lire l’article (en anglais)

 

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