L’analytique décuple l’efficacité de la lutte contre la fraude

Déclarations de revenus incomplètes, sous-déclarations, abus de déductions… autant de pratiques répandues et pourtant difficiles à traquer pour l’administration fiscale dont les systèmes d’information ne répondent plus aux exigences modernes de reporting et de détection des fraudes… Un contexte qui impose d’urgence l’adoption d’outils analytiques.

Le vol d’identité est devenu un véritable fléau aux États-Unis. Rien qu’en 2013, 5 millions de cas ont été rapportés. Des données démographiques et des informations financières sont détournées pour nourrir de fausses déclarations de revenus donnant droit à des remboursements. Piratage de bases de données, marché noir ou extorsion par les employés d’administrations… tous les moyens sont bons pour récupérer ces données et l’IRS (le fisc américain) lui-même n’est pas épargné.

 

L’identification de modèles prédictifs

 

Jusqu’alors les applications de détection des fraudes épluchaient l’une après l’autre les déclarations en leur appliquant des règles métiers, qui se sont multipliées et sont devenues de plus en plus sophistiquées au fil des années. A présent, on se base sur de grands ensembles de déclarations pour créer des modèles prédictifs. Il est donc possible de repérer des déclarations suspectes sur la base de modèles établis à partir de déclarations connues. Parallèlement, la détection d’anomalies permet de donner l’alerte, en cas d’écart trop important par rapport à un groupe donné. Enfin, l’analyse des liens sociaux permet, entre autres, de repérer les déclarations frauduleuses traitées par un même opérateur du service des impôts et éventuellement les relations qu’il pourrait entretenir avec certains contribuables.

 

Pour démontrer la valeur ajoutée de ces nouveaux outils, une année entière de déclarations de revenus enregistrées dans un État américain ont été passées au crible dans le but d’identifier des fraudes qui seraient passées au travers des mailles du filet. En une heure, le système a relevé pour 3 millions de dollars de remboursements reversés à des contribuables ayant déclaré en ligne depuis des pays étrangers parmi lesquels Corée du Sud, Zimbabwe, Inde et Nigeria. Si l’efficacité des outils analytiques ne fait plus débat, leur adoption va réclamer un changement dans les méthodes de travail et les moyens humains mis à disposition pour traiter les alertes générées par le système. Le recours à la sous-traitance pourrait être ainsi envisagé pour le traitement des cas les plus simples.

 

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