Enjeux, freins et perspectives de l’IA en 2018

Porteuse d’espoir pour certains, d’interrogations pour d’autres, l’intelligence artificielle aura suscité de nombreux débats en 2017. Où en est réellement la technologie ? Quelles perspectives pour l’emploi ? Comment combler le retard européen ? Bilan des principales questions que soulève aujourd’hui en France le développement de l’intelligence artificielle.

Terminator n’est pas prêt de voir le jour ! Malgré les progrès observés dans le champ de l’apprentissage automatique, on est encore loin de concevoir une intelligence artificielle « forte », c’est-à-dire dotée d’une conscience. Pour l’heure, l’IA s’appuie sur des algorithmes développés par des humains, pour déterminer la réponse la plus pertinente au regard de la question posée. Si cette IA dite « faible » relève de l’imitation, elle influence néanmoins les processus décisionnels et ceux qui les élaborent au sein des organisations. Un constat qui conduit à s’interroger sur la place de l’humain face à la machine et à l’impact du développement de l’IA sur l’emploi. Il ne s’agit pas tant de savoir si l’IA va supprimer des postes à court terme ou en créer à plus long terme, mais bien de souligner le rôle des pouvoirs publics dans cette transition et l’équilibre à trouver pour conjuguer au fil des décennies l’apport humain et celui des machines.

 

La France et l’Europe dans la course à l’IA

 

Alors que le chinois Alibaba annonçait en septembre un investissement de 15 milliards de dollars en R&D, le budget de l’Inria, premier organisme public français dans ce domaine, plafonnait à 230 millions d’euros. Un décalage qui explique la difficulté éprouvée par la France pour s’imposer dans la course à l’IA. A défaut d’investissements comparables, la solution consisterait d’après certains experts à enrichir les bases de données françaises pour améliorer la performance de nos algorithmes. Pour y parvenir, il suffirait en effet de systématiser la collecte de données via les infrastructures ou les outils déjà en place dans les domaines de la santé ou de l’industrie.

 

Autre piste : la France et l’Europe pourraient se distinguer par leur contribution éthique et philosophique au développement de l’IA, en prenant garde toutefois à ce que leur réflexion ne se traduise pas par une sur-régulation restrictive. Après les vives critiques qu’a soulevé le RGPD (petites structures pénalisées, frein à l’adoption d’innovations), nul ne contestera en effet la nécessité d’une réglementation internationale autour de l’intelligence artificielle. Dans ce contexte, charge à l’Europe d’imposer sa voix dans les prochains échanges et d’ouvrir le chemin à une IA vertueuse au service des nouveaux enjeux sociétaux.

 

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