Le bitcoin, monnaie de prédilection des cybercriminels

Passée la flambée du bitcoin, dont la valeur a franchi la barre des 20 000 dollars en décembre avant de « redescendre » à environ 13 000 dollars, Bercy tire la sonnette d’alarme. Du fait de son opacité, la crypto-monnaie serait particulièrement exposée à une utilisation dans le cadre de transactions cybercriminelles. Une tendance que pourraient enrayer les prochaines réglementations européennes.

En février 2016, le service de lutte contre la cybercriminalité numérique de la Gendarmerie Nationale interpellait un cybercriminel français. Accusé de vendre sur le « dark web » des numéros de cartes bancaires volées contre un paiement en bitcoins, celui-ci disposait d’une carte bancaire « bitcoin to plastic » (une carte de paiement en monnaie traditionnelle, adossée à un compte en bitcoin) qui lui permettait de retirer les recettes en espèces à un distributeur. Un exemple qui ne serait pas isolé à en croire le dernier rapport publié par Tracfin, la cellule française de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, sous l’autorité du Ministère des Finances et des Comptes publics, qui s’inquiète du développement de ce type d’associations de monnaies virtuelles et de cartes prépayées.

 

Anonymat rime avec absence de traçabilité

 

Directeur de Tracfin, Bruno Dalles se veut alarmiste : « Le bitcoin est une triple bulle : spéculative, opaque et criminelle ». A ses yeux, les risques de blanchiment liés aux monnaies virtuelles – on en recense à l’heure actuelle près de 850 – tient à l’absence de traçabilité qui les caractérise. Cette opacité expliquerait leur utilisation par les cybercriminels dans le trafic de drogues et les attaques contre rançons. Conscient de cette brèche, l’État se montre particulièrement vigilant quant aux risques de blanchiment et de financement terroriste, mais l’absence de statut juridique clair des monnaies virtuelles ne lui facilite pas la tâche. La quatrième directive anti-blanchiment, entrée en vigueur en Europe en juin dernier, prévoit l’enregistrement ou l’agrément obligatoire des plates-formes d’échange entre monnaies virtuelles et réelles.

 

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