Consommer moins de viande grâce à l’apprentissage automatique

La consommation de nourriture d’origine animale continue d’augmenter à travers le monde. Mais les effets négatifs de sa production sur l’environnement ont poussé quelques d’entrepreneurs à chercher des alternatives pour la remplacer. Leurs solutions reposent en grande partie sur des technologies d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatique.

Produire une alimentation similaire en goût et en texture à de la « vraie » viande, voilà l’ambition ultime d’une poignée d’entrepreneurs qui vise, à terme, à substituer toute protéine d’origine animale (viande, œufs, lait) par des ingrédients élaborés exclusivement à base de végétaux. Diminution des rejets de gaz à effet de serre, préservation des ressources en eau, amélioration du bien-être animal, etc. : les motivations de cet engagement en faveur de l’environnement sont multiples. Mais elles se heurtent jusque-là à une réalité mesurée par l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) : la production mondiale de viande a doublé ces trente dernières années, tandis que la demande croît avec la population.

 

Remplacer les produits animaux par des ingrédients d’origine végétale

 

Pour atteindre cet objectif, deux jeunes pousses, Hampton Creek aux États-Unis et NotCo au Chili, ont convoqué des technologies d’intelligence artificielle (IA). L’idée générale est de s’appuyer sur la puissance des algorithmes d’apprentissage automatique pour trouver des ingrédients d’origine végétale capables de remplacer des produits animaux, avec la contrainte que l’aliment de substitution ait le même goût que celui qu’il remplace, tout en étant accessible. Le problème, complexe, consiste à trouver des formulations chimiques appropriées parmi un nombre gigantesque de combinaisons moléculaires. Il existe en effet sur le globe plus de 250 000 plantes comestibles, avec d’innombrables variétés, à quoi il faut ajouter les interactions entre leurs différents composants organiques dès lors qu’on les mélange.

Les premiers résultats sont encourageants. Hampton Creek a par exemple réussi à isoler une protéine du haricot mungo (un légume indien) ayant des propriétés similaires aux œufs brouillés, tandis que NotCo a créé un chocolat à base de… brocoli, de baies de goji, de champignons, et d’une noix au nom gardé secret. Pour l’heure, les deux start-ups ont utilisé avec succès une approche guidée par l’IA pour créer des émulsions, comme la mayonnaise ou de la pâte à biscuits. Remplacer les ingrédients solides, notamment fabriquer de la viande artificielle, s’avère en revanche bien plus difficile.

Toutefois, même si cette initiative aboutit, l’acceptabilité de la société demeure le principal obstacle. Malgré des inquiétudes légitimes au sujet du climat ou de la santé en raison de la production et de la consommation de viande, sommes-nous enclins à nous nourrir avec des aliments conçus par des algorithmes ?

 

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :

Un article au sujet de l’IA et de la création de recettes,

et un autre (en anglais) à propos de la protection de la qualité de l’eau dans l’Ohio grâce au data mining.