Jouets et intelligence artificielle, des bienfaits et des limites

Les jouets plébiscités par les enfants (et les parents) reflètent souvent l’air du temps. Cette année, beaucoup trouveront un robot programmable au pied du sapin de Noël. Avec les mêmes bénéfices — et les mêmes risques — que les objets connectés destinés aux adultes, l’ intelligence artificielle investit désormais le royaume de l’apprentissage ludique.

De plus en plus présente dans le quotidien des adultes à travers les objets connectés, les smartphones ou certains services à forte valeur ajoutée, l’ intelligence artificielle s’installe aussi progressivement dans l’univers des enfants. Les innovations en matière de jouets traduisent concrètement cette évolution. Par exemple, à l’occasion de Noël, la chaîne de magasins Toy’s “R” Us met en avant un ensemble de robots programmables promis à de beaux succès commerciaux.

 

L’ intelligence artificielle au service de l’expérience ludique

 

Ces nouveautés ont souvent pour point commun d’être pilotées par le biais d’une application sur smartphone ou sur tablette. Les robots disposent aussi, pour certains, de capacités d’apprentissage automatique destinées à rendre l’expérience ludique plus interactive, à l’image de Cozmo, un petit droïde sachant reconnaître un visage et mimer des émotions, ou de Cubetto, un gros cube en bois mécanisé permettant aux petits de 3 à 6 ans de s’initier à la programmation sans écran.

Il arrive néanmoins que des innovations normalement destinées aux enfants présentent certaines failles de sécurité. Récemment, la Cnil a épinglé deux jouets connectés — une poupée et un robot — pour cause de risque d’atteinte à la vie privée et à l’intimité de leurs utilisateurs. Munis d’un micro et d’un haut-parleur, ils permettent en effet au fabricant, mais aussi potentiellement à n’importe quelle personne capable de connecter son téléphone mobile aux jouets, de collecter des informations personnelles sur les enfants et leur environnement immédiat.

 

La Cnil veille au mésusage des jouets connectés

 

Dans cette affaire, un facteur aggravant vient du fait que les échanges entre les jouets et l’application mobile ne sont pas chiffrés pour garantir la sécurité et la confidentialité des données personnelles. La Cnil a demandé au fabricant de se conformer à la loi informatique et libertés en informant les utilisateurs du traitement de ces données et de leur transfert en dehors de l’Union européenne. Une illustration de l’usage inapproprié — heureusement minoritaire — d’une technologie qui offre par ailleurs des possibilités intéressantes en matière d’apprentissage ludique.

 

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En complément :

Un article détaillant les tests de cinq robots programmables

et un autre à propos du détournement de l’IA pour spéculer sur le marché des jouets