Transformation digitale : où en sont les assureurs européens ?

La conférence « Insurance AI and Analytics Europe » a réuni à Londres en octobre dernier les cadres dirigeants des principaux assureurs européens. Une synthèse des principaux sujets abordés au cours de ces deux jours permet de dresser un état des lieux de la maturité du secteur vis-à-vis de l’analytique, l’intelligence artificielle et l’automatisation.

L’émergence des big data et des nouvelles méthodes analytiques a radicalement transformé l’analyse des données telle qu’elle se pratique dans le secteur de l’assurance. Une transformation digitale qui se traduit par une amélioration des prévisions, dont seules les compagnies capables d’exploiter les données non structurées tireront pleinement parti. Au niveau de l’organisation, la culture de l’entreprise continue d’évoluer ; ce qui passe souvent par le recrutement d’un CDO (Chief Digital Officer) pour coordonner les projets ayant trait à l’intelligence artificielle et à la digitalisation, et encourager l’innovation au sein des équipes.

 

Changer le visage de l’assurance

 

Se pose ensuite la question de choisir à quel cas d’usage répondrait un chantier basé sur le machine learning. Si la prévention des fraudes est souvent citée comme prioritaire, le traitement des réclamations offre un terrain tout aussi favorable aux initiatives innovantes tirant parti de l’intelligence artificielle, notamment les chatbots dédiés à la relation client. Une lecture analytique de la presse en ligne et des réseaux sociaux pourrait par exemple permettre à une intelligence artificielle de déduire qu’un incendie s’est produit dans un immeuble et de déclencher immédiatement une indemnisation à hauteur de 50 % des dégâts possibles, ce qui entraînerait un gain de temps considérable pour les assurés.

 

Intégrer l’intelligence artificielle dans le quotidien des assureurs (l’« opérationnalisation ») est à ce titre un enjeu clé. 50% des entreprises admettent éprouver des difficultés pour automatiser l’exécution de décisions analytiques. Rares sont encore les assureurs à utiliser le machine learning à des fins d’évaluation. Bien que considérée comme très difficile à mettre en place, l’automatisation des souscriptions, des tarifications, du traitement des réclamations, de la prévention des fraudes et de la relation client deviennent pourtant indispensables à l’ère du numérique.

 

Pour la plupart des assureurs, la digitalisation des produits n’en est qu’à ses prémices. Celle-ci pourrait impliquer un changement de paradigme, faisant de l’assureur un allié plutôt qu’un centre de coûts. Si l’on prend l’exemple de l’assurance santé : 40 % des coûts dépendent de facteurs liés au mode de vie ; promouvoir l’IoT et l’adoption d’équipements connectés pourrait faire de l’assureur un ambassadeur du « bien vivre ». De la même façon pour l’assurance automobile, une caméra installée sur le tableau de bord qui repérerait le moindre signe de fatigue du conducteur pourrait faire office d’ange gardien.

 

 

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A télécharger, un livre blanc qui fait l’état des usages de l’IoT auprès de 75 grandes entreprises européennes

 

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L’IA sur le point de transformer le marché des assurances,

Automatiser la détection des fraudes.