Les agents conversationnels de Facebook s’entraînent à négocier

L’élaboration d’un assistant numérique personnalisé nécessite la mise au point d’agents autonomes capables de négocier. C’est dans cette optique qu’une équipe du laboratoire d’intelligence artificielle de Facebook a développé un système conversationnel destiné à interagir avec les utilisateurs, dans le but d’aboutir à une décision commune.

Discuter, raisonner, négocier : ces trois compétences s’avèrent indispensables à l’assistant numérique personnel idéal. Les systèmes existants à ce jour se limitent encore à des tâches rudimentaires comme la réservation d’un restaurant après un bref échange avec un robot conversationnel (« chatbot »). Mais tenir un dialogue constructif avec un utilisateur représente un défi qui nécessite pour des agents autonomes de combiner une compréhension de la conversation en cours avec des connaissances plus générales sur le monde. Des chercheurs de la division intelligence artificielle de Facebook (« FAIR ») se sont plus particulièrement intéressés à la négociation, c’est-à-dire à la faculté de ces programmes d’aboutir à un compromis satisfaisant alors que les intérêts initiaux des parties divergent.

 

Réseaux de neurones et apprentissage par renforcement

 

Pour résoudre ce problème comparable à un équilibre de Nash (chacun cherche à maximiser son gain en anticipant le choix de l’autre), les scientifiques ont doté leurs agents autonomes de capacités d’anticipation. L’idée est de simuler différents scénarios de conversation pour suivre celui qui mène à la récompense optimale. La principale difficulté réside dans l’impératif de mener cet échange en langage naturel, ce qui augmente le nombre d’actions possibles à chaque étape de la négociation. Cet écueil a été surmonté à l’aide d’un réseau de neurones entraîné à imiter le comportement humain dans ce type de situation.

Les modèles ont ensuite été affinés grâce à l’apprentissage par renforcement, où les agents conversationnels ont pratiqué des milliers de négociations avec… eux-mêmes — une technique au cœur du succès du programme AlphaGo, le joueur virtuel de go développé par Google DeepMind. Enfin, les chercheurs de Facebook ont testé leurs nouveaux chatbots en ligne avec des utilisateurs. Durant les expériences, la plupart n’ont pas réalisé qu’ils conversaient avec une machine, selon FAIR.

 

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :

Un article (en anglais) à propos des biais dans les données d’apprentissage automatique,

un autre (en anglais) au sujet de M, l’assistant numérique de Facebook récemment lancé au Royaume-Uni,

et un autre sur l’intérêt des consommateurs pour les robots de conversation.