La donnée est à la machine ce que l’intuition est à l’humain

Les calculs des algorithmes provoquent parfois le scepticisme des décideurs. Car la machine se base uniquement sur des corrélations observées dans les données, là où l’humain raisonne essentiellement par causalité. C’est négliger la part d’intuition qui alimente les décisions du second et reflète la manière d’opérer de la première.

Au premier abord, le parallèle a de quoi surprendre. Mais il se défend. Il arrive à l’humain de prendre des décisions dont il lui est difficile d’expliquer le cheminement a posteriori. On appelle cela l’intuition. Ces décisions ultra-rapides se basent sur des perceptions sensorielles insaisissables. Selon le point de vue développé par le spécialiste d’Internet Bruno Walther, une machine analysant une masse de donnée en quelques millisecondes peut être vue comme un système intuitif, à l’instar de l’instinct, propre à l’humain.

 

La machine cherche des corrélations dans les données

 

L’idée est de relativiser l’incompréhension qui peut saisir un responsable confronté à un algorithme lui dictant une décision en apparence irrationnelle. Car la machine « raisonne » sur la base de modèles corrélatifs nourris par des données, alors que l’humain fonde sa réflexion sur des phénomènes intelligibles. Par exemple, un adulte offrira un livre à un enfant selon son âge, son milieu social, etc., tandis qu’un algorithme comme celui des recommandations d’Amazon se contentera de… la taille de ses chaussures !

D’après Bruno Walther, l’homme doit se préparer à confier des décisions importantes à la machine, plus efficace et surtout plus objective, dans le sens où l’analyse de données constitue une discipline exempte de certains travers liés à l’exercice du pouvoir. À terme, les corrélations issues des big data sont vouées à orienter les arbitrages stratégiques. Les systèmes de gestion opérés par les données s’améliorent constamment en apprenant de leurs erreurs. Pour l’entrepreneur, une révolution culturelle attend les décideurs, pour qui l’enjeu principal sera d’accepter de déléguer à des algorithmes une petite part de leur pouvoir — celle qui peut facilement être automatisée.

 

Lire l’article

 

En complément :

Une tribune (en anglais) à propos des décisions guidées par les données,

et une autre au sujet de la loyauté des algorithmes de big data.