Enseignement de l’IA : à bas les préjugés, vive la diversité !

Élaborée très majoritairement par des individus de sexe masculin interchangeables, l’intelligence artificielle risque fort de ne pas refléter toute la diversité du genre humain. Partant de ce constat, Fei-Fei Li et Melinda Gates prônent un enseignement de l’IA orienté vers des missions humanitaires. Les deux Américaines se sont confiées à Wired.

« AI4All » : l’IA pour tous. Le nom du programme d’enseignement imaginé par Fei-Fei Li, la directrice du laboratoire d’intelligence artificielle de Stanford, sonne comme un slogan. Car les préjugés, alimentés par la machine médiatique, ont la peau dure. L’IA serait ainsi réservée à une sorte d’élite masculine, essentiellement blanche, des geeks arborant des sweats à capuche et passant la journée à programmer des « trucs cool »…

 

L’intelligence artificielle doit refléter la diversité humaine

 

La chercheuse redoute que cette image tronquée de la réalité finisse par décourager les talents féminins ou issus de la diversité — dont elle-même fait partie — à se lancer à la conquête d’un domaine promis à révolutionner l’humanité. Une crainte partagée par Melinda Gates, qui participe au financement du programme AI4All par l’intermédiaire de sa fondation philanthropique, dans un entretien croisé au site de culture numérique Wired.

Au départ, Fei-Fei Li a invité des jeunes filles de neuvième année (équivalent de la troisième en France) à passer quelques jours dans son laboratoire d’IA car, d’après ses observations, c’est l’âge où l’on commence à réfléchir à ses études supérieures, en se demandant comment agir sur le monde. L’idée de ce projet pilote était de leur montrer que l’informatique en général et l’IA en particulier peuvent avoir un impact direct sur la société, par exemple en liant la robotique au vieillissement de la population. Aujourd’hui, avec l’aide financière de la fondation Gates, le programme s’élargit donc à cinq grandes universités américaines, avec l’ambition de satisfaire les aspirations humanistes des participants et, à plus long terme, de féminiser et de colorer les futurs leaders de l’intelligence artificielle.

 

Lire l’article (en anglais)

 

En complément :

Un article (en anglais) au sujet de l’intelligence artificielle et du rôle des enseignants,

Et un autre à propos des chatbots dans les établissements d’enseignement supérieur.