L’impact de l’analytique sur l’économie mondiale

IDC estime à 180 zettaoctets le poids des données digitales à l’horizon 2025. Un ordre de grandeur qui témoigne du rôle capital que devraient jouer les big data dans les années à venir et présage de profondes transformations sur le plan de l’économie. Tour d’horizon des enjeux et des effets de la nouvelle révolution industrielle qui s’annonce.

« Le nouvel or noir » … la métaphore, souvent utilisée pour désigner les données digitales, souligne, au-delà des similitudes avec les processus de collecte, d’extraction et de traitement du pétrole, le rôle des big data dans la croissance et la transformation de l’économie mondiale. Car cette nouvelle ressource numérique bouleverse de manière inédite les règles du marché : le pouvoir revient désormais à qui les détient et en tire parti. Si les volumes de données devraient continuer de croître exponentiellement dans les années à venir (avec les adaptations que cela suppose en termes d’infrastructure), leur nature et leur qualité devraient elles aussi évoluer. Les flux temps réel de données non structurées devraient notamment gagner en importance et les objets connectés faire de chacun d’entre nous des sources d’informations. En corollaire, les usages devraient aussi se diversifier. Jusqu’à récemment confinée au ciblage publicitaire ou marketing, l’analyse des données servira très bientôt de nombreux services d’intelligence artificielle (reconnaissance, traduction automatique, etc.) avec autant de nouvelles sources de revenu en perspective !

 

Une valorisation complexe

 

Dans ce contexte, les géants du numérique (Google, Facebook, Amazon…) devraient poursuivre leur ascension, alimentés par des utilisateurs dont les données contribuent à « éduquer » leurs algorithmes de machine learning. Et si des startups continueront d’émerger autour de nouveaux services fondés eux-aussi sur la contribution des utilisateurs ; chez les industriels, on pariera plutôt sur l’IoT et les équipements connectés. Mais contrairement au pétrole qui n’est accessible qu’auprès de fournisseurs, les entreprises pourront produire leurs propres data. Dès lors, une entreprise choisira d’en racheter une autre, plutôt que de chercher à acquérir ses données. De plus, la duplication et le partage des data soulève déjà bien des questions quant à la légitimité de leur propriétaire et leur usage… A l’avenir, les individus devraient continuer d’échanger leurs données personnelles contre des services gratuits. Une transaction qui profite finalement beaucoup aux entreprises, si l’on considère que les algorithmes d’intelligence artificielle ne sont rien sans volumes massifs de données à jour.

 

Échouer à valoriser les données peut empêcher les échanges et donc limiter leur exploitation et le profit que d’autres entreprises pourraient en retirer. En corollaire, l’immobilité des ressources pourrait entraîner des situations de monopole, les géants du digital ayant les moyens de repérer et de racheter les start-ups à fort potentiel avant que celles-ci ne leur fassent de l’ombre. Et si des réglementations comme le partage obligatoire des données collectées avec d’autres organismes pourraient offrir une perspective, elles soulèveraient alors la question de la protection des données personnelles. En la matière, au-delà de leur collecte, c’est aussi l’utilisation des données qui devrait à l’avenir être réglementée. Objectif : faire peser la responsabilité sur l’organisme qui exploite les données plutôt que sur les utilisateurs, même consentants.

 

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