Les big data au service de la création

Si tout semble opposer la rationalité induite par les data et la spontanéité du processus créatif, un certain nombre d’initiatives semblent prouver le contraire. Outil de création à part entière ou support pour le développement d’une expérience utilisateur enrichie, les big data seraient donc devenues un vecteur de créativité.

Ceux qui considèrent encore que big data et création sont des concepts antinomiques n’ont sans doute jamais entendu les compositions « à la manière » des Beatles ou de Bach produites par des applications d’intelligence artificielle ! Créés à l’aide d’algorithmes de machine learning s’appuyant sur le répertoire existant, ces morceaux originaux ressemblent à s’y méprendre à ceux qui leur ont servi de modèles… Outre le rôle des big data dans le processus de création, ces initiatives soulignent leur capacité à fusionner des informations et à faire émerger de nouvelles tendances.

 

Le data art, la restitution comme courant artistique

 

Une faculté pleinement exploitée dans le marketing, où les big data ont littéralement transformé l’expérience client. Grâce à la géolocalisation et aux réseaux sociaux, la personnalisation est désormais la norme, avec ce qu’elle exige de créativité pour atteindre sa cible. Parallèlement, le traitement en temps réel de l’information présente encore de nouvelles possibilités, dont la marque australienne Snickers a, par exemple, su tirer parti en proposant une variation du prix de sa fameuse barre chocolatée en fonction de l’humeur des tweetos (grâce à une analyse en temps réel des contenus produits). Autre recette pour British Airways qui utilise le temps réel pour diffuser sur un écran géant installé à Piccadilly Circus, au cœur de Londres, des informations sur les vols survolant le carrefour.

 

Mais au-delà du simple « apport » à la création, les big data sont aujourd’hui à l’origine d’un nouveau courant artistique. Le « data art » exploite en effet les masses de données brutes produites comme matériau de création pour les restituer sous une forme graphique. Tout en dissipant la frontière entre art et information, le data art se veut critique. A travers ces représentations graphiques, il interroge une société qui, sous couvert de transparence, produit un nombre exponentiel de données, dont le simple volume rend leur lecture de plus en plus obscure aux non-spécialistes.

 

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