L’open data, au cœur de la modernisation du service public

Certains redoutent une ubérisation du secteur public et une perte de visibilité sur son action. Pour d’autres en revanche, l’open data et l’émergence de nouveaux acteurs dans l’écosystème devraient favoriser sa modernisation en offrant aux collectivités quantité d’opportunités : prolongement de services, économies de coûts, personnalisation de l’offre…

La ville de Dublin en Californie a tranché : plutôt que d’ouvrir deux nouvelles lignes de bus coûteuses sur des itinéraires peu fréquentés, elle a opté pour un partenariat avec des compagnies de VTC en subventionnant les courses des résidents de ces secteurs. A service quasi-équivalent pour l’usager, coût moindre pour la collectivité. Au-delà des questions liées à l’accessibilité du service, l’initiative soulève celles, plus épineuses, du statut des travailleurs remplaçant les agents publics, et plus largement du périmètre de l’action publique. Un exemple parmi d’autres de ce que ses détracteurs qualifient d’uberisation du service public, craignant une perte de visibilité des collectivités sur l’action publique.

 

Repenser la gouvernance des données

 

N’en déplaise à ces derniers, tout laisse à croire que la notion d’autorité publique devrait s’élargir de manière à intégrer des acteurs privés. Mais reste à définir le rôle de chacun. En matière de gouvernance des données par exemple, il est essentiel de répondre aux trois questions suivantes : qui produit les données (et finance leur collecte) ? qui les certifie ? et qui les exploite (et génère du profit) ? Dans ce domaine, Boston a su tirer son épingle du jeu : la ville a en effet reconnu Uber comme moyen de transport officiel en échange des données de navigation de ses chauffeurs. Un partenariat gagnant-gagnant – qui impose tout de même à la municipalité de garantir l’équilibre entre ouverture et régulation du marché pour éviter tout risque de monopole.

 

Par ailleurs, le secteur public n’échappe pas aux attentes des usagers en matière de simplification et de personnalisation. Au programme de la transformation digitale dans ce secteur : instauration de la saisine par voie électronique, développement des API pour simplifier les démarches à distance et mise en place d’un front office unique permettant à l’usager de poser toutes ses questions sur une même plate-forme centralisée. L’objectif dépasse le simple accès des usagers à un service sur-mesure ; il vise une meilleure connaissance de ces derniers par l’administration afin de mieux les renseigner et mieux les orienter. La première marche vers une personnalisation des services publics.

 

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