Waze et Uber prennent le virage de l’open data

Les lignes sont en train de bouger dans le transport routier. Suivant l’exemple de l’application de navigation communautaire Waze, Uber partage depuis janvier les données de ses utilisateurs avec des collectivités et autres partenaires privés. Objectif : fluidifier la circulation et préparer l’infrastructure routière à l’arrivée des véhicules autonomes.

Depuis octobre 2014, l’application de navigation communautaire Waze offre, via sa plate-forme « Connected Citizens », un accès en temps réel aux données générées par ses utilisateurs. Une aubaine pour les collectivités partenaires qui accèdent ainsi, en échange d’informations sur les travaux et événements prévus dans leur périmètre, aux informations anonymisées générées par l’ensemble des membres de la communauté. Par exemple, à l’occasion de sa course pédestre Paris-Versailles, l’agglomération Versailles Grand Parc a pu renseigner sur la plate-forme les voies fermées à la circulation et récolter en retour plus d’un million de données de trafic sur l’itinéraire en question. Un partenariat qui profite donc à chaque partie, puisqu’il dispense les collectivités des dépenses qu’occasionnerait l’installation de coûteux capteurs à chaque intersection, tout en fluidifiant le trafic routier.

L’open data, un horizon de perspectives

 
En dehors des données de trafic, la plate-forme collecte aussi des données environnementales (météo, qualité de l’air, etc.) ou encore de nombreuses variables sur lesquelles la modification d’un itinéraire pourrait avoir un impact (typiquement le taux d’accidents). En permettant de croiser ces différentes données, elle offre une vision plus exhaustive des paramètres à prendre en compte et de leur corrélation. Un atout précieux lorsqu’il s’agit de décider ou non de la fermeture d’une route ou de repenser l’infrastructure routière autour du véhicule autonome qui ne devrait pas tarder à se normaliser. Face au succès de l’initiative de Waze, un autre géant du transport lui a d’ailleurs emboîté le pas en janvier dernier : avec Uber Movement, le numéro un mondial du VTC mise désormais lui aussi sur l’open data.

Reste à déterminer un modèle pour la monétisation de ces précieuses données. D’après Guillaume Crunelle, associé au sein du cabinet Deloitte, le plus judicieux consisterait sans doute à conserver un accès gratuit aux acteurs publics et à rendre payant l’accès aux entreprises privées. Pour Uber, au cœur de nombreuses polémiques en France et dans le monde, le partage gratuit de ses données avec les collectivités pourrait passer pour un gage de bonne volonté, la preuve que le géant du VTC a bien à cœur l’intérêt de ses utilisateurs.

 

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