Des frais d’assurance réduits pour les véhicules autonomes

Les conducteurs de Tesla pourraient bientôt voir le montant de leur assurance automobile diminuer. Root, une compagnie d’assurance américaine, sélectionne ses adhérents en fonction des données de conduite (vitesse, respect du code de la route), collectées pendant trois mois avec leur accord. Si le marché de l’automobile avance sur les chapeaux de roue, le monde de l’assurance évolue au même rythme.

Réduire le montant de son assurance automobile en roulant dans un véhicule autonome : c’est ce que propose Root, une entreprise américaine basée dans l’Ohio, qui offre des tarifs personnalisés en fonction des comportements de conduite des automobilistes. La condition ? avant tout, rouler en Tesla et accepter, durant trois semaines, que toutes les données émanant du véhicule (vitesses, freinages, manœuvres, etc.) et du GPS soient transmises, via une application, à la compagnie d’assurance. Une sorte de test (avec un taux de réussite de 70%) qui permet à Root de s’assurer de la qualité de la conduite de ses adhérents, notamment le respect du code de la route.

 

Les constructeurs automobiles : acteurs de la disruption de l’assurance ?

 

Pour tirer le meilleur parti de ses puissants algorithmes de machine learning, Root souhaiterait désormais exploiter, avec l’accord de Tesla, les données en provenance directe des véhicules. Un partenariat susceptible d’intéresser le constructeur qui n’a de cesse d’insister sur la sécurité de son mode autonome et a déjà manifesté son intérêt en faveur d’un possible partage de ses données avec des agences gouvernementales… A moins que, faute d’un accord satisfaisant, Tesla ne décide finalement de développer sa propre offre d’assurance, comme elle a commencé à le faire en Asie…

 

L’émergence de polices d’assurances basées sur des données temps-réel soulève parallèlement un certain nombre de questions, principalement éthiques. Car si l’on conçoit parfaitement qu’un « mauvais » conducteur paie une assurance plus élevée pour son véhicule, ce principe pourrait-il être appliqué à l’assurance-santé ? Par ailleurs, si l’on pousse le raisonnement plus loin, doit-on se contenter de payer moins, si l’on conduit bien ? Par exemple, ne peut-on pas prétendre à une assurance qui tienne compte du pourcentage de temps passé par la voiture dans un garage abrité, voire des pratiques de co-voiturage de son propriétaire ? Le champ des possibles paraît infini… Nul doute que l’analyse de données se révèlera ici décisive, en facilitant une véritable personnalisation des polices d’assurance.

 

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